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April, 2017

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On ne peut pas dire mieux !
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Pour une politique économique sérieuse et à la hauteur des enjeux, votons Mélenchon

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Philippe Poutou, l’irruption du réel
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Philippe Poutou, l’irruption du réel

https://www.mediapart.fr/journal/france/050417/philippe-poutou-l-irruption-du-reel
Il a ramé pour avoir ses parrainages, le web a été choqué ces derniers jours du traitement qui lui a été infligé sur France 2 par Laurent Ruquier et son équipe, et puis il y a eu le débat mardi soir sur #BFM et #CNews. Philippe Poutou, candidat du NPA, a déroulé quelques « punchlines » où son naturel a fait mouche. L’autre candidate de l’extrême gauche, Nathalie Arthaud pour Lutte ouvrière, ne fut pas en reste, mais Philippe Poutou s’est démarqué à plusieurs reprises. Dans un long débat compliqué, parfois cacophonique, il a réussi à se distinguer.

Au début du débat, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste s’est contenté de coller au sens de sa candidature. Ouvrier à l’usine Ford de Blanquefort (Gironde), Philippe Poutou a affirmé « parler au nom de millions de gens », candidat pour « exprimer cette colère d’en bas », ce « ras-le-bol » ressenti par les Français devant une « politique réactionnaire et raciste ».

« À part Nathalie Arthaud autour de ces pupitres, je suis le seul à avoir un travail normal, attaque Philippe Poutou d’emblée, et justement on nous met dans la peau du petit candidat, qui ne représente rien, qui n’a pas sa place ici, eh bien, je crois qu’on peut parler, nous, au nom de millions de gens qui souffrent de la crise, de cette société, qui en ont ras-le-bol de ce rouleau compresseur capitaliste qui détruit tout sur son passage […] exprimer cette colère-là d’en bas contre les ultrariches, des richesses indécentes […] contre ces politiciens corrompus, y en a qui se reconnaîtront ici autour des pupitres. »

Sur l’emploi, Poutou s’est exprimé au nom des chômeurs et des précaires. « On voit qu’il y a de l’argent », « il faut prendre là où il y a de l’argent », a-t-il fait valoir. Une occasion de rappeler la ligne économique de son parti, le NPA. « Nous, on pense qu’il faut des mesures autoritaires. »

Sans chemise, à la différence des huit autres candidats masculins en costume et cravate – il n’y a que deux femmes parmi les candidats, Marine Le Pen et Nathalie Arthaud –, Philippe Poutou est le seul à avoir refusé de figurer sur la photo de groupe au début du débat. Surtout, il a compté parmi les plus offensifs politiquement. Parfois en recadrant ses concurrents au détour d’une réponse. En introduction d’une réponse sur l’Europe, Philippe Poutou précise : « On parle de charges sociales, mais ce sont des cotisations sociales. C’est le financement de la Sécurité sociale dont il est question. » Le tic de langage patronal en est pour ses frais.

Mais c’est particulièrement sur la question de la moralisation de la vie #politique que le candidat #anticapitaliste s’est distingué. La question avait été rapidement évacuée lors du précédent débat sur France 2 – qui n’opposait que les cinq « grands » candidats : Hamon, Mélenchon, Fillon, Le Pen et Macron. Elle a cette fois-ci donné lieu à de vrais échanges.

« Dassault ne fait pas de prison parce qu’il est trop vieux, c’est la clause humanitaire, tant mieux », estime le candidat, qui poursuit : « À côté de ça, on a Balkany, c’est toute une œuvre, le père, le fils, tout le monde triche… Et là, depuis janvier, c’est le régal Fillon. Il est en face de moi, plus on fouille et plus on sent la corruption et la triche. En plus, c’est des bonshommes qui nous expliquent qu’il faut la rigueur et l’ #austérité et eux-mêmes piquent dans les caisses publiques. »

François Fillon, candidat LR, tente une timide défense : « On n’accuse pas comme ça. »

Poutou poursuit : « On a aussi Le Pen, pareil, on pique dans les caisses publiques, c’est pas ici, c’est l’ #Europe. Pour quelqu’un qui est anti-européen, ça gêne pas de piquer de l’argent de l’Europe. Et le FN qui est antisystème ne s’emmerde pas du tout, il se protège grâce à l’immunité parlementaire et refuse d’aller aux convocations policières, donc peinard. Quand on est convoqué par la #police par exemple, on n’a pas d’immunité ouvrière. »

Plus tard, alors que Marine Le Pen l’avait attaqué en arguant du fait que les élus syndicaux dans les entreprises n’étaient pas, eux aussi, responsables devant la #justice, Philippe Poutou contre-attaque. Le candidat souligne que de nombreux délégués syndicaux sont sous le coup d’une procédure de #licenciement en #France et poursuivis devant les tribunaux. Laissant Marine Le Pen sans réaction.

Une demi-heure plus tard, Philippe Poutou vise de nouveau Fillon et Macron. Après une tirade sur l’importance des services publics, le candidat NPA se plaint du candidat LR, qui « rémunère ses enfants avec l’argent du contribuable ». Poutou se tourne ensuite vers Emmanuel Macron à propos de la pénibilité – le candidat d’En Marche ! compte abandonner le compte pénibilité : « Ça se voit que vous ne connaissez pas grand-chose au #travail et que vous ne connaissez pas la #pénibilité. » Le réel s’invite à nouveau dans le débat.

Dans son mot de conclusion, #PhilippePoutou affirme s’adresser non pas aux Français, mais « à tous les #citoyens », c’est-à-dire aussi aux étrangers. « À ceux qui sont en colère », insiste-t-il. #Poutou convoque aussi la Guyane, qui a vu jaillir un « mouvement contre la #pauvreté et pour les services publics », un mouvement « contre les restes du colonialisme français ». « La #Guyane montre qu’on peut résister à l’ #exploitation, à l’accumulation des richesses », ajoute-t-il. « Voter NPA, c’est un vote utile : une perspective de revanche, un combat #social, faire payer les riches. » Au premier tour de la #présidentielle en 2012, le #candidat du #NPA avait recueilli 1,15 % des suffrages. Mais il n’avait pas eu l’occasion de débattre avec l’ensemble des autres candidats.

Contre Courant Mars 17
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Aude Lancellin et Alain Badiou

DÉFILÉ POUR LA 6E RÉPUBLIQUE LE 18 MARS 2017
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Retranscription faite par Vincent Christophe Le Roux


Je savais que vous seriez là !

Je savais qu’elle est inépuisable, la vague qui nous porte, génération après génération, de la Bastille à la République.

Écoutez, vous tous, cette clameur qui monte de nos rangs. Ce son n’a pas de nom, comme le bruit du vent dans les feuilles, comme celui de la pluie sur le pavé.
Ce son n’a pas de nom mais il est un signal : celui de la force du peuple quand il surgit dans son Histoire !

Ce rugissement qui passe sur nos fils, c’est celui du lion de bronze au pied du monument dont l’auteur a voulu qu’il symbolise le suffrage universel, celui qui, bientôt, va parler et fixer notre destin.

Nos voix montent vers cette femme que voici : Marianne, la République, la République inachevée tant que le peuple n’est pas souverain dans son pays en tout et pour tout !

Regardez-la ! Elle porte fièrement le bonnet des affranchis, celui de la liberté retrouvée, celui de la servitude rompue.

À notre tour, nous épousons son insoumission, nous la faisons nôtre.

Nous avons marché, une fois de plus, de la Bastille à la République. De la Bastille où commencent tous les élans de la liberté du peuple de France puisque c’est là que fut abattu, pour la première fois, le symbole de la monarchie et de la caste des privilégiés. Parce que c’est là-bas qu’a été brûlé le dernier trône des Rois. Parce que c’est là-bas que s’est faite la première manifestation féministe pour arracher le droit de vote des femmes.

Et c’est là-bas qu’il y a cinq ans nous avons entrepris ce que nous poursuivons aujourd’hui avec constance et cohérence, avec confiance et patience, et jusqu’à la victoire !
Dans nos rangs, passent aussi les ombres des pauvres visages de l’humanité humiliée, les noyés de la Méditerranée, les suicidés au travail, les morts d’abandon dans la rue, tous ceux qui souffrent de ce monde écœurant où l’accumulation des uns se nourrit de la détresse sans fin des autres !

Ces autres, nous sommes leur revanche ! Nous sommes leurs sourires d’avant, nous sommes leur dignité intacte et l’espérance lumineuse des jours meilleurs !

Puissants de la Terre, puissants de la Terre, nous voici ! Nous sommes, une nouvelle fois, au rendez-vous de notre Histoire ! Le jour anniversaire du commencement de la glorieuse Commune de Paris qui inventa la République sociale !

Sur cette place, devant le monument édifié pour le centenaire de la révolution de 1789 qui a fait de nous un peuple un et indivisible, non du fait de nos ancêtres, de notre couleur de peau, ni même de notre parler, mais de l’horizon qui nous rassemble pour toujours : Liberté-Égalité-Fraternité !

Et nous ne voulons rien d’autre que cesse le mensonge et l’hypocrisie qui consiste à écrire la devise sur tous les frontons de France et, ensuite, agir exactement à son contraire !

Nous voici pour proposer la 6e République sur cette place où fut annoncée la 5e dont nous voulons tourner la page !

Sur cette place où naguère le peuple de Paris s’est assemblé après les attentats et les crimes destinés à le terroriser et à le diviser. En vain ! La force du peuple a gardé son unité, la force du peuple assemblé a tout surmonté !

Sur cette place encore où se retrouvaient, après chaque manifestation contre la loi El Khomri, les assemblées de Nuit Debout qui ont, jour après jour, au prix du rêve, dessiné l’épure d’un monde nouveau où de telles lois ne feraient plus la loi parce que nos vies méritent mieux qu’elles.

Une fois de plus, de Bastille à République, un fil rouge unit les boulevards l’un à l’autre. C’est celui de nos luttes et de nos engagements, de nos drapeaux toujours tenus haut.

Une fois de plus, nous le proclamons, sans nous, rien n’a de sens en France !

Nous voici non pour nous, non pour cet instant, mais par vertu, pour toi, notre peuple ! Et par amour, pour toi, notre France !

Peuple de France, et toi, le monde qui nous regarde si souvent étonné, nous sommes la révolution citoyenne toujours recommencée comme la passion de ce peuple pour les droits universels des êtres humains et des citoyens qu’ils veulent être.

Ces droits, qu’il a proclamés le premier, et qu’on voit dans cette déclaration que tient, ici devant vous, la Marianne de bronze.

Aujourd’hui, tant de gens sont venus, et parfois de si loin ! Oh, combien nous avions besoin de sentir notre force ! Elle est notre liberté. Elle est le feu qui brûle en nous et ne s’éteindra jamais. Elle est le recours dont dispose la France en toutes circonstances et d’abord son peuple de travailleurs.

De cette montée en masse, je prends la part de sympathie et d’encouragement personnel qu’elle comporte évidemment. Mais cela ne doit faire perdre de vue à personne que nous ne sommes pas là pour un personnage mais pour un programme, que ceci n’est pas seulement un évènement extraordinaire à l’intérieur d’une campagne électorale comme jamais on n’en a vu. Ceci est une manifestation politique, une insurrection citoyenne conte la monarchie présidentielle.

Nous sommes venus ici, de partout, proposer à notre peuple de mettre fin à la monarchie présidentielle et à sa collusion intime avec les puissances de l’argent qui la subjuguent et la dominent !

Toute la situation nous invite à la ferveur que nous exprimons. Si tant de gens se sont rassemblés aujourd’hui, c’est qu’ils savent. Ils savent combien l’heure est grave pour leur pays ! Entre l’extrême-droite qui voudrait la nation ethnique et les serviteurs de l’argent-roi qui n’en finissent plus de vouloir détruire l’État et les services publics, le pays, sans nous, serait menacé de dislocation.

À partir de cette place, nous voulons proposer une issue positive que contient notre bulletin de vote. Une sortie de l’impasse où l’ont enfermé, depuis au moins dix ans, des dirigeants frivoles qui n’ont pas d’autre vision du monde que ce dogme grossier d’après lequel le marché et la finance seraient, en dernière analyse, les seuls régulateurs légitimes de la civilisation humaine. Là où nous disons : c’est la fraternité, c’est l’amour, c’est le soin des autres qui est la raison d’être de la société !

C’est au nom de ce dogme, et de leur incapacité personnelle à tenir tête à quoi que ce soit, et à faire quoi que ce soit d’autre que de céder toujours à ceux qui semblent le plus forts, c’est au nom de cela qu’ils ont perpétré la pire des forfaitures en démocratie : la trahison du vote du peuple, la négation de sa volonté, l’inversion de sa décision.

En 2005, et en 2012, contre le vote des Français, contre leur volonté clairement exprimée, Messieurs Sarkozy et Hollande, présidents successifs de la 5e République, ont donné, sans aucune légitimité, l’accord de la patrie pour une organisation de l’Union européenne qui confisque la souveraineté du peuple et le soumet à la souveraineté de l’argent.

Dans cette construction, tous les pouvoirs ont été confiés à une banque centrale totalement indépendante dont l’unique mission est la protection de la rente.

Cette construction interdit l’harmonisation sociale et l’harmonisation fiscale entre les pays. Elle organise, de cette façon, une compétition sans fin entre les peuples et dans les nations de sorte que partout sont encouragés les nationalismes les plus aveuglés et les xénophobies les plus absurdes.

L’échec de cette construction éclate sous les yeux du présent.

La profonde aspiration des peuples de toute l’Europe à la paix – régime de la bienveillance – et au progrès social – régime du soin des autres – ces sentiments sont, depuis, totalement dévoyés.

Il faut donc que TOUT soit désobéi et rediscuté !

Pour finir, c’est au peuple et à lui seul, une nouvelle fois, que sera demandé, le moment venu, par une consultation populaire référendaire, ce qu’il voudra faire à propos de ce que j’aurais négocié en son nom. Et pour le futur, quoi qu’il arrive, tous les traités qui, d’une manière ou d’une autre, visent à déléguer telle ou telle part de la souveraineté du peuple comme parfois cela est nécessaire, tous ces traités seront automatiquement soumis à l’approbation référendaire du peuple !

D’ores et déjà, la parole de la France ayant été engagée de façon inconsidérée, je dis que si vous m’élisez, JE NE SIGNERAI PAS LE CETA !

Ni l’accord de libre-échange avec le Canada – et le peuple canadien est notre ami – ni aucun traité de libre-échange avec qui que ce soit, car cela n’aboutit qu’à tout détruire. Et chaque fois qu’il faudrait aliéner nos normes sociales et nos normes environnementales, j’en fais le serment, la réponse, ce sera : Non !

Si tant de décisions destructrices ont pu être prises sans que jamais nous n’ayons eu notre mot à dire, c’est parce que la constitution de la 5e République en donnait les moyens. Faisons la part des choses, le temps étant passé. Cette constitution avait été taillée sur mesure pour un homme exceptionnel, dans des conditions exceptionnelles, pour faire face à un contexte exceptionnel !

Ce temps est révolu mais il en reste un texte qui ne doit pas tomber dans certaines mains car il offre à la monarchie présidentielle des moyens incroyables de pouvoir absolu. L’un après l’autre, ces pouvoirs ont été utilisés. Qui pourrait oublier ici, comment, contre l’avis du peuple mobilisé, et du Parlement garrotté, a été déclenché le feu de l’article 49-3 de la constitution à six reprises : trois fois pour imposer la loi Macron, trois fois pour imposer la loi El Khomri ! C’est par ce moyen de violence incroyable, dans une grande démocratie, qu’a été renversé de fond en comble tout l’ordre public social de notre République !

J’en déduis que si je suis élu, il faudra, tout de suite, abroger la loi Macron, abroger la loi El Khomri.

La nouvelle constitution devrait rendre intouchable la trame fondamentale de l’ordre public social républicain. Il ordonne que soit placée au sommet de la hiérarchie des normes la loi voulue par le peuple et que les autres accords, de branche ou d’entreprise, ne puissent qu’améliorer la loi ! On ne doit plus supporter qu’il soit possible d’édicter un code du travail par entreprise sous la menace du chômage, pas davantage qu’on imaginerait un code de la route par rue sous la dictée des chauffards !

La nouvelle constitution doit être sociale d’abord ! Elle doit permettre de répliquer aux ravages des politiques de délocalisation dont une sur deux, compte tenu de la compétition de tous contre chacun, s’opère à l’intérieur de l’Union européenne qui était sensée nous protéger. Et contre le pillage, le saccage des entreprises, il nous faut encadrer la liberté aujourd’hui absolue qui est celle des actionnaires, qu’il s’agisse de personnes ou de fonds financiers qui sont autant de parasites et de sangsues posés sur le corps productif. Pour cela, les travailleurs doivent recevoir des droits constitutionnels qui les rendent citoyens dans l’entreprise puisque la République qui a vaincu les monarques dans la cité les y a laissés serfs !

Il faut qu’ils aient le droit de remontrance et de défiance contre les décisions qui mettent en danger la pérennité de l’outil de production.

Il faut qu’ils aient le droit de préemption en coopérative, c’est-à-dire le droit de devenir pleinement et légitimement les propriétaires de l’outil de travail quand celui qui le possède prétend le vendre.

J’ai commencé ma démonstration du grand changement qu’il faut opérer dans l’organisation de notre démocratie par ces questions sociales. Oui, j’ai voulu balayer tout de suite l’idée que faire une constitution, ce serait au fond s’occuper de choses assez abstraites qui ne concerneraient que l’organisation des pouvoir publics.

Non ! Écrire une constitution, c’est décrire le type de société dans laquelle on veut vivre en disant quels sont les droits que l’on se reconnaît les uns envers les autres, et les uns envers les autres avec la nature.

Notre projet est celui d’une société bienveillante et douce pour ses membres, une société pacifique et démocratique, soucieuse de la dignité de chacun et des moyens d’y pourvoir, une société qui veut vivre dans l’harmonie entre ses membres, qui ne supporte pas la misère et la pauvreté au milieu de l’opulence ! Une société qui trouve enfin le chemin de son harmonie avec l’écosystème naturel, notre patrie commune à nous tous, les êtres humains.

En convoquant une assemblée pour écrire cette constitution, nous utilisons une méthode qui, de fait, met fin au règne des hommes et des femmes providentiels, des comités d’experts de toute sorte qui, sans cesse, se substituent à l’intelligence collective que forme le peuple tout entier.

Il ne peut pas être question que, comme en 1958 cela fut fait, un comité d’amis rédige un texte qui convienne au chef et le propose ensuite au peuple comme un plébiscite personnel. Dans ces conditions, c’est une assemblée qui doit être constituante. Elle doit prendre le temps de faire son travail en écoutant ses membres et en écoutant surtout, beaucoup, le pays lui-même !

Il y a urgence ! Il y a urgence à abolir la monarchie présidentielle actuelle. Écoutez-moi, je sonne l’alerte. Mesure-t-on bien aujourd’hui les dangers que ce texte permet si son usage tombait en certaines mains d’apprentis-sorciers ?

L’article 16 de la constitution actuelle donne des pouvoirs spéciaux, absolus, au Président de la République sans contrôle pendant trente jours.

L’article 35 donne la possibilité au gouvernement d’envoyer des troupes sans vote du Parlement pendant quatre mois.

L’article 36 permet au conseil des ministres de décréter l’état de siège pour douze jours et de transférer le pouvoir aux militaires.

C’est le transfert qu’on hue, c’est pas les militaires hein ! Eux ils servent et ils obéissent comme c’est leur rôle. Pour la patrie.

L’article 13 donne au Président le droit de nommer aux plus hautes fonctions civiles et militaires. J’arrête là une liste que je pourrais allonger. Beaucoup de ces dispositions ont déjà été utilisées. Mais j’alerte : elles pourraient être de nouveau utilisées dans d’autres circonstances, et pour d’autres objectifs.

Françaises, Français, ne confiez pas – fut-ce pour une période transitoire – à des gens déterminés à en faire l’usage qu’ils vous annoncent déjà, quand ils se prosternent devant l’ethnie ou devant l’argent !

Dans l’ambiance actuelle de l’Europe, et dans l’ambiance actuelle de la France, est-il raisonnable qu’un tel pouvoir personnel soit ainsi placé hors d’atteinte ?

Les gens ici assemblés proposent à la France d’y mettre fin. Je vous propose au contraire de maintenir en toutes circonstances une capacité d’intervention directe du peuple, en sorte qu’à tout moment, et du moment qu’en seraient réunies des conditions qui seraient à fixer – comme le nombre des pétitionnaires – un référendum puisse être organisé qui autorise la fin du mandat de n’importe quel élu, du maire, du conseiller général et bien sûr, aussi, du Président de la République !

À nous qui sommes les témoins et les porte-parole de la force du peuple, voici notre maxime : quel que soit le problème, la solution est le peuple !

On observe, à juste raison, que depuis 1958, ce peuple qui était alors rural est devenu massivement urbain. On observe qu’il s’est mélangé toujours et davantage par vagues successives. Et nous sommes de ceux qui se réjouissent de la part de bonheur que tout ceci apporte dans notre vie collective.

Mais après que tant de cupidité, tant d’exaltation absurde du pouvoir de la richesse, qui ne se concentre qu’au prix de la misère des autres, bref, notre peuple a été divisé, notre peuple a été éparpillé, notre peuple a été éclaté par ses statuts précaires, ses aller-retour entre un chômage de masse et une activité provisoire. Et tout cela a marqué les esprits, tout cela nous a fait maintes fois perdre de vue ce qui, pourtant, nous était commun.

Écrire une constitution ensemble, c’est d’abord décréter que nous sommes, qui que nous soyons, égaux en droits, et que c’est ensemble que nous nous reconnaissons mutuellement des droits. De la sorte, en écrivant la constitution, c’est le peuple lui-même qui se refonde et s’amalgame en un tout pour redevenir la République une et indivisible !

Pour qu’il en soit ainsi, et pour que nous décidions chacun avec son point de vue, avec son histoire, et sa propre trajectoire, pour que chacun puisse apporter librement sa contribution à la réflexion collective, il faut, par-dessus tout, protéger la liberté absolue de conscience des êtres humains que nous sommes !

Bien sûr, c’est l’affaire de la laïcité. L’État et les églises doivent être rigoureusement séparées. Il n’y a besoin pour cela, il n’y a besoin pour cela que d’appliquer la loi. Sans excès d’impatience. Sans mélanger ce qui tient de la loi et ce qui tient des convictions personnelles. Mais avec la tranquille assurance de ceux qui savent qu’en toutes hypothèses, chacun d’entre nous serait en première ligne si la liberté d’un seul d’entre nous était mise en cause, quel qu’en soit le contenu.

Au fond, il faut que la loi s’applique. Et il faut pour cela, d’abord, et avant maints bavardages, qu’elle s’applique partout, à tout le monde. Et dans les mêmes conditions ! En particulier, tous les territoires de la République doivent bénéficier de la bienfaisante laïcité de l’État. C’est pourquoi tous les régimes concordataires, ceux d’Alsace-Moselle, ceux de Guyane, et ceux de tous les autres territoires concernés, seront tous abrogés.

Entrer encore davantage dans les devoirs que nous fixe la liberté… La liberté de conscience a un pendant évident, une liberté humaine fondamentale, celle de disposer entièrement et absolument de soi. Il est donc temps, il est donc temps d’inscrire dans la constitution le droit à l’avortement car le corps de chaque femme, car le corps de chaque femme lui appartient absolument et exclusivement ! Cette liberté doit être inscrite dans la constitution pour ne plus jamais être soumise à des soubresauts électoraux comme ceux qu’on a pu observer en maints pays, en Pologne ou aux États-Unis avec les résultats que l’on sait !

Notre pays n’est pas protégé contre de telles infamies. Il s’agit d’un droit inaliénable et la constitution doit le proclamer solennellement.

C’est dans le même état d’esprit et avec, au cœur et dans la conscience, d’abord l’idée de ce qu’est la dignité humaine à laquelle chacun d’entre nous aspire du plus profond de son être, c’est en pensant à cela que je défends personnellement – la Constituante en disposera – que l’on inscrive, dans la loi fondamentale, le droit au suicide assisté.

Et quand vient le moment de se mesurer, quand vient le moment de se mesurer à ce contre quoi on ne peut plus rien, sinon d’opposer sa liberté de décider d’éteindre la lumière, alors il faut la main secourable qui vous y aide. Ultime liberté qui donne son sens à une vie vraiment humaine.

Ces droits individuels sont nouveaux, bien sûr, comme le sont les circonstances et les moyens qui ont permis qu’ils émergent. On ne pouvait pas bien sûr plaider pour la liberté et la neutralité du net avant qu’il existe ! Mais puisqu’il existe, alors c’est une liberté fondamentale et il faut la garantir !

L’œuvre constituante doit répondre aux défis de son temps et d’abord à celui qui est lancé à toute la communauté humaine et qui met en cause la pérennité de la civilisation elle-même.

Pour l’heure, le plus grand de tous les défis, et la plus grande responsabilité avant toute chose pour une grande nation techniquement avancée comme la nôtre, c’est que le changement climatique est commencé et qu’il faut savoir si on y répond chacun pour soi ou tous ensemble.

Certes, nous n’avons pas besoin de changer la constitution pour mettre en place la planification écologique, passer au 100% d’énergies renouvelables, sortir du nucléaire, et rompre avec l’abominable agriculture chimique qui, aujourd’hui, empoisonne et malforme les générations qui viennent.

Mais si on n’en a pas besoin pour tout cela parce que la loi y pourvoira, nous avons cependant le devoir de nous fixer une règle générale impérative qui nous oblige à changer nos manières de produire, et d’échanger, et de consommer ! Cette règle, c’est la règle verte ! Elle vaut bien mieux, et plus utilement que leur prétendue règle d’or qui est la seule vertu qu’ils honorent ! On se guérit d’un mal d’argent, on ne se guérirait pas de la destruction de notre monde !

La règle verte, c’est ne plus prendre à la nature davantage que ce qu’elle peut reconstituer. Ce défi technique et scientifique est la clé du nouvel humanisme dont nous portons les couleurs. Nous devons décider d’avancer, une fois pour toutes, le plus loin possible dans la compréhension de ce qui compte aujourd’hui comme jamais on ne s’en était rendu compte dans le passé.

Nous devons décider qu’il existe des biens communs inaliénables ; que l’air et l’eau sont ces biens communs, comme le savoir, les arts et la culture qui améliorent ce qu’il y a d’humain en nous.

Mais ces biens communs – l’air, l’eau – ils doivent être la propriété collective de la nation. C’est à elle qu’il revient d’en assurer la protection et d’en faire payer la réparation à ceux qui les détruisent !

Allez ! Avançons encore plus avant !

Au total, c’est un état d’esprit nouveau qu’il faut construire. Nous devons admettre pour de bon que la biosphère est un tout qui doit être respecté comme tel. Nous devons donc admettre et inscrire dans notre constitution que nous interdisons le brevetage du vivant. Et sans doute faudra-t-il aussi, proclamer comme une règle pour toujours, comme une preuve de notre amélioration collective, la règle que les animaux ne sont pas des choses et que la preuve de notre humanité consciente se constate quand nous décidons de faire respecter ce principe.

Je ne peux quitter cette place et finir ce que j’ai à dire sans vous demander de la regarder. La Marianne de bronze qui est là tient au bout de ses doigts un rameau d’olivier. Pensez-y ! Pensez-y FORT ! C’est le symbole de la paix !

Vous tous ici, et vous qui nous écoutez, à cet instant, entendez quel est notre devoir commun : la paix est un bien précieux qu’il faut chérir et protéger.

En Europe et dans le monde, les guerres s’étendent, les armes s’amoncellent, les tensions de domination s’exaspèrent sur toutes les mers, sur tous les continents. Des dirigeants belliqueux se font face, en Europe aussi !

Nous, en France, nous avons un rôle utile et décisif à jouer pour construire et organiser la paix dorénavant menacée. Nous ne devons pas accepter que, selon la formule calamiteuse de l’actuel Président de la République, l’Europe se relance par la défense ! Car l’Europe de la défense, c‘est l’Europe de la guerre !

L’Europe de la défense ? Mais contre qui ? Mais avec qui ? Pour quoi faire ?

Nous connaissons trop bien les engrenages qui, d’un mot après l’autre, entraînent jusqu’à des points où plus personne ne contrôle rien ! Notre Histoire en est entièrement remplie et nos peuples en ont été suffisamment martyrisés pour que nous soyons devenus vigilants !

La France doit être une puissance IN-DÉ-PEN-DAN-TE politiquement et militairement. Elle doit refuser d’être entraînée par des systèmes d’alliance automatique dans des conflits qui pourraient surgir ici ou là et dont au fond elle n’aurait rien à connaître d’autre que de tenter de les empêcher !

Nous voulons la paix et donc nous sortirons de l’OTAN si cette responsabilité nous est confiée.

La France, à notre initiative, tendra la main à tous les peuples qui refuseront de s’aligner derrière l’un ou l’autre des empires qui dominent aujourd’hui le monde.

La France construira une alliance non-alignée, PACIFIQUE, œuvrant à la paix en toutes circonstances.

Mais si tel doit être le chemin que nous prenons, alors, bien sûr, il faut commencer par retirer de la constitution cette disposition dangereuse et absurde qui permet à un homme seul de décider d’une guerre.

Il le faut pour que la France sorte de l’escalade belliqueuse dans laquelle elle est entraînée depuis dix ans et où ses armes ont été engagées d’une façon bien dangereuse et bien hasardeuse sans qu’on ne sache jamais comment ce qui a été commencé pourrait se finir bien, pour la raison qu’on en avait aucune espèce d’idée en commençant !

Notre marche prouve que nous sommes capables de diriger le pays. Nous sommes capables de faire de notre pays le point d’appui pour les grands défis que l’humanité universelle doit relever.

Pour la part qu’il m’en reviendrait, j’y suis préparé.

Notre marche aujourd’hui, notre volonté de construire une nouvelle France en construisant sa 6e République, est en continuité avec cette pensée fondamentale exprimée par le grand Jaurès :

« La démocratie politique se résume en une idée centrale, ou encore une idée unique : la souveraineté politique du peuple. Dans le passé, il a fallu, souvent, que la France traverse de grandes épreuves pour se montrer, ensuite, capable de se ressaisir. C’est souvent par le tumulte et le fracas que tout s’est brisé et que tout fut ensuite à reconstruire. »

Nous lui proposons cette fois-ci un grand et profond changement radical acquis tranquillement, pacifiquement, démocratiquement, par la délibération collective d’une assemblée composée de membres élus ou bien tirés au sort parmi les Français.

Ô toi, mon peuple, il faut que tu changes tout si tu ne veux pas que tout change contre toi !

Il faut faire cette révolution citoyenne si vous ne voulez pas subir un coup d’État ethnique ou un coup d’État financier, ou les deux à la fois !

C’est donc à lui, à VOUS, d’opérer la séparation radicale de l’État, de la démocratie, de nos devoirs d’humanité d’une part, d’avec l’argent d’autre part.

Les gens, les gens, écoutez, c’est maintenant qu’il faut montrer ce que vaut le peuple souverain. Il faut que les bulletins de vote donnent le coup de balai, qu’ils les fassent tous, sans exception, dégager !

Il y a un nouveau mot d’ordre qui est né après « Résistance », c’est « Dégagez ! »

Dégagez pour que soient abolis les privilèges de la finance, ceux de la caste insolente qui occupe tous les pouvoirs et se les répartit, ceux de la monarchie présidentielle et de toutes les suites dorées du capital !

Voyez grand, peuple français, voyez grand pour votre patrie.

Vous ne le ferez jamais si bien qu’en lisant les poètes qui ont chanté la France et qui vous aident vous autres, nous autres en particulier.

J’achève mon propos, moi aussi, avec Victor Hugo. Je vous offre ce texte comme un message personnel, pour toujours, et comme signal de la gratitude que j’éprouve à cet instant, comme à tant d’autres auparavant, pour l’honneur que vous m’avez fait de me désigner comme votre porte-parole.

Qu’à travers moi, chaque petite Française, chaque petit Français, surtout s’il vient de loin, sache qu’il n’est plus grand cœur que celui de ce pays, qu’il n’est pas vrai qu’il se soit voué à la haine, et qu’il est toujours disponible pour la main tendue, le secours, la protection mutuelle, la joie, le bonheur d’être ensemble.

Allez, parle Victor Hugo :

« Aujourd’hui, pour toute la Terre, la France s’appelle révolution. Et, désormais, ce mot – révolution – sera celui de la civilisation jusqu’à ce qu’il soit remplacé par le mot « harmonie ».

Harmonie comme ce « phi » que nous avons choisi pour symboliser qui nous sommes à cette heure dans l’Histoire.

Oui, dit Victor Hugo, « tous, tant que nous sommes, grands et petits, puissants et méconnus, illustres ou obscurs, dans toutes nos œuvres, bonnes ou mauvaises, quelles qu’elles soient – poèmes, drames, romans, histoire, philosophie –, à la tribune des assemblées comme devant les foules du théâtre, comme dans le recueillement des solitudes, oui pour tout, oui toujours, oui pour combattre les violences, les impostures, oui pour réhabiliter les lapidés et les accablés, oui pour conclure logiquement et marcher droit, oui pour consoler, oui pour secourir, oui pour relever, pour encourager, pour enseigner, oui pour panser en attendant qu’on guérisse, oui pour transformer la charité en fraternité, l’aumône en assistance, la fainéantise en travail, l’oisiveté en utilité, l’iniquité en justice, la populace en peuple, la canaille en nation, les nations en humanité, la guerre en amour, le préjugé en examen, les frontières en soudures, les limites en ouvertures, les ornières en rails, les sacristies en temples, l’instinct du mal en volonté de bien, la vie en droits, les rois en hommes. Oui pour ôter des religions l’enfer et des sociétés le bagne. Oui pour être frères du misérable, du serf, du fellah, du prolétaire, du déshérité, de l’exploité, du trahi, du vaincu, de l’enchaîné, du sacrifié, du forçat, de l’ignorant, du sauvage, de l’esclave, du nègre, du condamné et du damné, oui nous sommes tes fils, République ! »

[Sont alors chantés deux couplets de la Marseillaise. Puis Jean-Luc Mélenchon reprend la parole]

On a dit parfois qu’au motif que je me présente devant tous, j’aurais oublié d’où je viens et qui je suis et quelle est ma patrie dans le temps. Alors, ce jour anniversaire de la Commune de Paris, c’est à nous maintenant, pour ceux qui la connaissent, d’entonner, à la mémoire des nôtres, ce chant pour la liberté : l’Internationale !

[On entend alors l’Internationale a capella puis Jean-Luc Mélenchon reprend la parole]

Que chacun d’entre nous fasse ce qu’il a à faire. Pour ma part, je prendrai, de tout mon cœur et de toutes mes forces, la part de tâche qui m’est dévolue. Et je compte bien que chacun d’entre vous en fasse autant.

VIVE LA RÉPUBLIQUE !

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L’action de la NED dans le monde va avoir pour effet la promotion de l’alliance droite-gauche dans le domaine de la production des élites « démocratiques ». Après 1989, cette politique s’impose dans les institutions de promotion de la démocratie en Europe. Elle s’inspire de l’idée de créer une classe d’experts de la démocratie et de leaders politiques professionnels (vous avez bien lu ?) qui puissent réaliser la transformation des régimes totalitaires (par un autre… plus soft celui-là ?) et consolider le fonctionnement des nouvelles démocraties (l’Ukraine ?). Évidemment, l’action de la NED ne se limite pas à la transformation des régimes totalitaires, elle incite aussi à lutter contre« les populismes » (tiens, tiens,) et les extrêmes.

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POURQUOI JE NE VOTERAI PAS MÉLENCHON
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via https://www.mypersonnaldata.eu/shaarli/
Merci pour la trouvaille :)

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Fictif(s) : deux ans à l’UDF payé par la République
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Fictif(s) : deux ans à l’UDF payé par la République
Parcours dans les bas-fonds de la politique française

Emploi fictif. Le terme resurgit de scandale en scandale. Pendant presque deux ans, j’ai eu deux emplois fictifs. A l’Assemblée nationale, et au Sénat. Je percevais un salaire, des fiches de paie, pour une activité que je n’exerçais pas. Jamais personne ne s’en est ému. Pourquoi suis-je le seul, en vingt ans, à l’avouer sans contrainte ?

Durant mon séjour rue de l’Université, bordée par l’Assemblée, quadrillée de partis politiques et refuge de l’ENA, je n’ai vu mes parlementaires, Jean-Jacques Hyest et Ambroise Guellec, que trois fois. Pour signer mes contrats. Pour travailler une matinée à trier du courrier. Et enfin, vidé et amer, en perte totale de repères, pour demander à être licencié.

Fraîchement diplômé en journalisme européen, c’est un peu par hasard que j’ai rejoint l’équipe de Force démocrate, jeune parti d’un petit nouveau plein d’ambition : François Bayrou.

Démocratie Moderne, magazine du parti dont Bayrou était directeur de la publication, cherchait un rédacteur. Jeune, malléable, pas regardant sur le salaire et recommandé par un ancien cadre, j’ai fait l’affaire.

“Force démocrate, c’est le parti qui monte, avec six ministres au gouvernement”, me confie d’un ton feutré Rémy le Gall, rédacteur-en-chef de Démocratie Moderne, peu avant mon embauche. “Au début, il faut faire profil bas, surtout ne menacer personne. Et après, tout naturellement, tu t’imposes, comme une évidence.”

A peine arrivé, je suis appelé au bureau de Huguette Ducloux, directrice des services. “Le parti n’a pas beaucoup d’argent, donc les parlementaires détachent des assistants pour nous aider”, me dit-elle. “L’utilisation des fonds est à leur discrétion, mais si l’on vous demande ce que vous faites au parti, vous ne dites pas que vous y travaillez. Vous dites que vous êtes un militant”, conclut-elle avec un demi-sourire entendu. Deux affirmations contradictoires dans une même phrase. Double langage politique, auquel j’allais vite m’habituer.
Au pouvoir

Au cours des mois, je découvre les nombreux avantages de l’appartenance au “troisième plateau” de Force démocrate, qui allait dévorer l’UDF. A un poste modeste mais stratégique, je fais partie du clan. Le clan protège les siens. Et le pouvoir corrompt.

Besoin d’envoyer quelque chose du bureau ? Colis et lettres sont livrés par des motards de la gendarmerie nationale, qui font les coursiers pour le parti sans broncher. “Je t’envoie un motard !”

Problème avec la banque ? Il suffit de tourner son siège. “Dis moi, tu as un contact pour ma banque à Paris ?” Au services des élections, quelqu’un lève le nez et s’empare d’un énorme Rolodex, qu’il appelle “la bomba”. “Bouge pas… Voilà. Tu notes ?” Le directeur de la banque au détail d’une grande banque à trois lettres est dérangé en pleine réunion sur sa ligne directe. Mon agence passera des lettres de menaces à l’obtention d’un prêt. En me déclarant fonctionnaire. Et en saisissant de fausses données financières dans son système informatique, “pour que ça passe”. Prêt que, gagnant 9200 francs par mois (1405 €) je ne rembourserai jamais. La banque à trois lettres ne fit jamais valoir sa créance.

Vol d’une console vidéo dans mon bagage à Orly ? Un fax autoritaire à Aéroports de Paris, avec en-tête de l’Assemblée. Je suis immédiatement remboursé, sans demande de justificatifs. Je réalise que j’aurais pu inventer un ordinateur portable, engranger des milliers d’euros.

Contrôle routier ? Le motard regarde ma carte du Sénat avec autorité. “Et vous êtes assistant de quel sénateur ? Depuis combien de temps ?” En costume de banquier, je hausse immédiatement le ton. “Non mais dites donc, vous allez arrêter de m’emmerder, ou vous allez avoir de gros problèmes !” En à peine un an, j’ai adopté du politique le langage, dont la classique menace de “problèmes”. Immédiatement, son binôme plus âgé le pousse de côté. “Excusez-le monsieur. C’est un jeune, il est pas habitué. Excusez-le”. “Bon, ça va.” Je repars en trombe, énervé d’avoir été pris de haut par ce qui n’est plus pour moi qu’un coursier.
Une matinée à l’Assemblée

Député mais aussi vice-président du Conseil régional de Bretagne, Ambroise Guellec fit un jour part de son déplaisir de me voir passer mon temps au parti. Je me retrouve dans son petit bureau de la rue de l’Université. En bon assistant, je commence par trier le courrier. Demande après demande d’aide, de subventions, de locaux. Certains y incluent, naïfs, leur carte du parti. Une lettre et un projet sortent du lot. Je passe à Guellec : “ça m’a l’air bien, ça.” Après un bref coup d’œil, il la repose sur mon liège. “Non, on ne peut pas les aider”. Je demande pourquoi. Il me regarde, visiblement exaspéré. “Mais parce que c’est une association de gauche !”

Le soir même, je reviens “au siège” et demande à Rémy le Gall de me sortir de cette situation. “Tu y vas, et tu lui dis que t’as pas le temps”, me répond-il tranquillement. “Mais comment ça, je peux pas lui dire ça !” Le Gall me jette un de ses sourires narquois. “Tu lui dis que tu as vu ça avec Bayrou.”

C’est ainsi que, le lendemain, j’annonce à un parlementaire que mon activité illégale étant trop prenante, je ne vais plus bosser pour lui. “Et bien si c’est ça, j’arrête de payer !” me lance-t-il. “Non, je réponds tranquillement. J’ai vu ça avec François. Vous allez continuer à payer. Et je ne travaillerai plus pour vous.” Il baisse la tête, vaincu. Le pouvoir n’est pas toujours où l’on croit.
Fin de partie

Tout commence avec la fille de l’accueil. Appelons-la Emilie. Dans l’entrée du siège, spartiate espace sur cour composé d’un bureau, d’un canapé et de l’escalier principal, elle arrondit ses fins de mois en faisant la permanence du soir. Elle est très belle, rayonnante. Nous flirtons. Un soir, elle m’appelle. Et me dit s’être fait agresser sexuellement par Le Gall.

Les policiers refusent de prendre sa plainte. Elle me raconte aller de commissariat en commissariat avant de comprendre la futilité de sa démarche. Le lendemain, elle décide d’en informer Ducloux. Qui, me dit-elle, l’écoute patiemment, puis lui dit “à qui cherchez-vous à nuire ?” Emilie n’en trouve plus ses mots. Elle quitte le siège en pleurs.

La rumeur, grâce à moi, enfle. En comité de rédaction, Rémy le Gall prend les devants. “J’imagine que vous avez entendu les accusations portées contre moi. Tout cela est bien évidemment faux. Je pense ne pas avoir besoin de ça pour séduire”. Pour garder mon job, je me tais. C’est à mon tour de baisser la tête. “Rémy. Tu ries comme lui”, me dit Emilie, soudain distante. La lune de miel est terminée.

Un conseiller municipal me propose un HLM. 80 m² dans le 12e, pour 190 €. “Là j’ai un pompier, et puis après je t’en file un, si tu veux.” Je refuse. “C’est gentil, mais je suis sûr que d’autres gens en ont plus besoin que moi.” Il est stupéfait. On me propose la fédération des Jeunes du 8e. Je refuse. Maintenant le clan se méfie. Les regards changent.

Et puis vient ce déjeuner. Lors d’une grande tablée à La Poule au Pot, cantine officieuse de l’UDF, quelqu’un me reproche d’être un jeune apparatchik, mené uniquement par l’ambition. “C’est vrai, j’aime les responsabilités. Mais au fond, si je fais ce métier c’est pour, un jour, aider la France.” La salle hurle de rire. Rémy le Gall, rouge pivoine et larme à l’œil, se tourne vers moi. “Tu es un idéaliste, c’est bien !” Et j’ai compris qu’il fallait partir. Que ces gens me menaçaient. Au plus profond de mon être.
Que sont-ils devenus ?

En 1999, Huguette Ducloux devient conseillère de Nicole Fontaine, présidente du Parlement européen. Elle est aujourd’hui retraitée.

Rémy le Gall devient directeur de la communication de la mairie de Versailles. Scénariste de bande-dessinée, il publie quatre fictions sur la politique. En 2012, il est décoré Chevalier des Arts et Lettres. En 2016, il est condamné à six mois de prison pour harcèlement sexuel sur quatre de ses subordonnées. Durant son procès, il est décrit comme faisant “régner la terreur, la manipulation et le mensonge”.

En 2004, Jean-Jacques Hyest est élu président de la Commission des Lois du Sénat. En 2015, il est nommé au Conseil constitutionnel. Hyest siège également à la Haute Cour de justice de la République. Il est décoré Chevalier dans l’ordre des Palmes académiques.

Ambroise Guellec reste vice-président de la région Bretagne jusqu’en 2004. Il y est toujours conseiller régional.

De ralliement en retournement, François Bayrou est sûrement toujours convaincu d’être, un jour, président de la République. La moralité et l’exemplarité sont ses derniers chevaux de bataille.
Épilogue

Aujourd’hui, je me revois dans cette période un peu comme un étranger. Un nihiliste qui, à la moindre difficulté, cherchait à écraser. Un homme que le titre gonflé, “je suis attaché parlementaire”, suffisait à faire passer devant tout le monde aux urgences, sans avoir rien demandé. Comme tous les politiques, le pouvoir m’aidait à panser des plaies profondes, allant jusqu’à l’enfance.

Je vois aisément pourquoi, après des décennies d’impunité, François Fillon ne comprend pas qu’on l’emmerde “pour des costards” ou son indemnité parlementaire. Sa réalité n’est pas la nôtre.

Devant les affaires, je regarde les pantomimes d’outrage et les appels au complot avec une ironie toute professionnelle. L’enrichissement, les cadeaux, les voyages, les grands travaux avant les municipales, les élections internes truquées... Je n’ai plus jamais voté. Les sortants sont balayés. Les nouveaux jurent que tout va changer. Et on recycle. Ad nauseam. Malgré tout j’ai mal. Pour mon pays, car j’y habite. Et parce que j’ai cru en lui.

Dans son livre “Les mains propres”, publié en 2014, Corinne Lepage écrit :

“Lorsque j’ai été élue au Parlement européen en 2009, le MoDem avait exigé de moi qu’un de mes assistants parlementaires travaille au siège parisien. J’ai refusé en indiquant que cela me paraissait d’une part contraire aux règles européennes, et d’autre part illégal. Le MoDem n’a pas osé insister mais mes collègues ont été contraints de satisfaire à cette exigence.”

Bayrou, évidemment, nie. En politique, il faut toujours nier. Même la main dans le sac. “Si ça se sait, il niera”, ai-je tellement entendu sur d’autres sujets. Il me semblerait un peu naïf de ne pas y voir un système. Un système peut-être accentué chez les petits partis, qui n’ont pas beaucoup de subventions. Mais dont on retrouve la trace du PS au FN. Un système dans un monde politique qui se juge lui-même. Se finance lui-même. Et se renouvelle entre lui. C’est cette impunité, cette indignité cachée entre phrases choc et plateaux télé, qui a fait le lit de l’extrémisme qui sans une révolution morale finira, un jour, à l’Elysée.

Aujourd’hui je regrette d’avoir délaissé une carrière de journaliste pour, même de quelques décimales, participer à la lente putréfaction des institutions françaises. Et je regrette d’avoir joui de cette impunité, qui transforme tant de politiques en fossoyeurs du bien public.

“Tu te rends compte que tu vas être diabolisé ? Tu ne pourras plus travailler nulle part”, me dit un ancien du Figaro. Fonctionnement mafieux. Où seule la loyauté est récompensée. Et la trahison punie. Parfois jusqu’à la mort. “Qu’ils viennent. De toutes façons, je ne peux pas tomber de ma fenêtre, j’habite au rez-de-chaussée !”

Vous voulez des preuves ? Elles sont là.

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Vous avez voté pour Macron et vous venez nous faire la leçon : il faut faire barrage au Front National. « Faire barrage » : les mots vous évoquent des corps tendus contre l’assaut. Vous vous imaginez en héros de la lutte pour la République. A moi, ils n’évoquent qu’un bête mur de béton qui retient l’eau qui monte. Elle n’en finit pas de monter depuis cinq ans. C’est un fait objectif : jusqu’en 2012, le vote Front National était encore flottant, versatile, contestataire. C’est le quinquennat Hollande, qui est aussi le quinquennat Macron, qui l’a vu s’enraciner. Il n’est pas difficile de comprendre pourquoi. L’extrême-droite monte partout dans le monde ; or il n’y a qu’une cause qui s’exerce à l’échelle de la planète et c’est la dictature de la finance dont vous venez de porter au pouvoir le zélé serviteur.

Peut-être n’êtes-vous pas convaincus ? La corrélation entre néolibéralisme et fascisme vous échappe ? C’est parce que vous vivez dans un monde imaginaire, au sens propre : un monde d’images. Vous n’êtes pas marxistes et vous ne pensez pas que les conditions matérielles d’existence déterminent la conscience. Tout est discours pour vous, comme pour le gouvernement le plus impopulaire de l’histoire de la cinquième république qui, pendant cinq ans, à chaque résistance à ses « réformes », n’a rien su comprendre sinon qu’il avait manqué de « pédagogie ». Manuel Valls s’écriait « J’aime l’entreprise » et vous avez élu l’homme qui promet de la faire aimer aux Français. Il vous a dit que les jeunes seraient heureux de travailler pour Uber pourvu qu’ils puissent rêver d’être milliardaires et vous l’avez cru. Il vous a dit que les chômeurs seraient contraints d’accepter des emplois moins bien payés et loin de chez eux, et vous vous êtes dit : voilà qui est sérieux. Vous vous êtes si bien retrouvés dans cette caricature de cadre supérieur que vous avez pensé qu’il saurait « rassembler les Français » - les rassembler dans l’amour d’un homme qui vous ressemble. Vous n’avez même pas conscience que ce faisant, vous avez fait monter le Front National.

Combattre le Front National, c’est aussi pour vous une affaire de mots. Quand Malek Boutih crie que le fascisme est à nos portes, vous vous dites : « Il a combattu le Front National ». Vous ne savez pas que le Front National puise à deux sources : la haine de l’étranger bien sûr, ce vieux fond de xénophobie raciste qui depuis toujours est la lie de la France, mais aussi la haine qu’inspire votre modèle de société haï de tous excepté vous, ce que vous sauriez si vous rencontriez qui que ce soit d’autre que vous. Vous n’avez pas voulu mettre en question votre attachement béat à une Europe qui n’existe que dans vos rêves. Vous avez dit « la dette » et « la dépense publique » et vous avez conclu : c’est impossible.

L’eau finira par déborder. Ce jour-là, que ferez-vous ? Vous n’en avez aucune idée. Vous devriez nous demander conseil. Car nous que vous accusez de ne pas faire barrage au Front National, nous faisons tout autre chose : nous le combattons – nous l’avons même en partie vaincu. Pourquoi croyez-vous que Marine Le Pen n’est pas arrivée en tête du premier tour ? Parce qu’un grand nombre d’ouvriers et d’employés qui s’étaient résolus à voter pour elle ou s’abstenir ont voté pour Jean-Luc Mélenchon. Parce que les jeunes, prétendument acquis au Front National, ont massivement voté pour Jean-Luc Mélenchon. Et pourquoi l’ont-ils fait ? Pourquoi nous ont-ils rejoint nous, et non pas vous qui avez pourtant seriné de si belles fables sur le rassemblement des Français ? Parce que nous leur avons fait espérer ce que vous n’osez plus imaginer : nous allions changer le monde.

Vous n’en avez évidemment pas conscience mais si nous avons lutté contre vous, c’est encore pour combattre le Front National. Pour faire naître l’espoir, il fallait en finir avec votre suffisance, votre incapacité à rien penser au-delà de vous-mêmes, et votre certitude que vous pouvez tirer sur la corde indéfiniment sans qu’elle se rompe jamais. Nous avons tâché d’échapper à la violence que vous répandez partout. La violence ? Vous êtes outrés – car chacun sait, n’est-ce pas, que la violence est de notre côté : dans notre hostilité aux riches et dans les mauvaises manières de Jean-Luc Mélenchon. Vous ne comprenez pas que la violence, c’est quand un être humain pensant, sensible, est nié dans son humanité par un vulgaire Macron qui croit qu’il est acceptable de parler aux gens pour ne rien dire. Il est mille fois plus insultant de s’entendre dire « penser printemps » que de s’entendre appeler « les gens ». Il est mille fois plus violent de dire « je suis pour la France qui ose » que de répondre « si vous élisez cet homme, vous allez cracher du sang ». Il n’y a pas de violence plus grande que de prendre les gens pour des imbéciles.

Vous, si fiers d’aller dans quinze jours faire barrage au Front National, ne vous rendez pas compte que vous êtes son fidèle allié. Vous n’avez aucun reproche à nous faire, aucune consigne à nous donner. Nous ne sommes pas votre voiture-balai, nous n’avons pas à ramasser les débris de la société à mesure que vous la détruisez.

Que ferons-nous dans quinze jour ? Pour moi, ma décision est prise. Ceux à qui il m’importe qu’ils la connaissent, la connaissent. Quant à vous, je n’ai rien à vous dire et je remercie Jean-Luc Mélenchon de n’avoir pas sauté dans le cerceau comme une bête de foire. Nous trancherons à notre heure et si vous vivez quelques jours d’inquiétude, tant mieux : voyez en face le désastre dont vous êtes responsables. Se pourrait-il qu’une prise de conscience se fasse ? Je n’y crois pas. Je vous connais trop bien pour ça. Eh bien tant pis : nous aurons au moins jeté une ombre sur votre irresponsabilité confite en ses certitudes et votre mouvement qui marche si bêtement à contre-temps de l'Histoire.

Pendant les cinq prochaines années, l’histrion que vous avez porté au pouvoir continuera l’œuvre de dissolution sociale de ses prédécesseurs. Mais qu’on se rassure : le Front National n’aura pas le dernier mot. Non grâce à vous mais grâce à nous qui en cinq ans avons réduit des deux tiers la distance qui nous séparait de lui. Détenteurs de l’avenir en commun, nous assumerons nos responsabilités face au Front National et malgré vous.

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26/04/2017 00:06 Par heyow 

Merci pour ce billet.

Je cherchais les mots pour exprimer mon ressenti, manque de temps, manque de motivation... Et je trouve ici ce que j'aurais aimé écrire et même plus.

Néanmoins je suis un peu dérangé par le côté culpabilisateur adressé à l'électeur de Macron et l'absence des médias dans l'équation.

Les médias (mainstream) sont les premiers responsables de cette farce de 2nd tour. D'une part par le bashing excessif et mensonger qu'ils ont opéré contre Méluche durant la dernière semaine. On peut aussi mentionner l'excès de couverture de l'incident des Champs Elysées, qui fait le jeu du Fn. Voilà deux éléments qui font qu'on se retrouve avec Lepen et pas Mélenchon au 2nd tour.

Ensuite, parlons de Fillon, parce qu'un Macron-Méluche c'est pas mal pour Mélenchon mais niveau idées... Sans cet acharnement médiatique sur les affaires, il se peut qu'il eût été au 2nd tour face à Méluche. Vous voyez où je veux en venir ?

Une confrontation directe d'un vrai programme de droite dure face à un vrai programme de gauche, défendu par un putain de bon orateur. De la politique, de la vraie. Nous aurions enfin pu assister à cela. Un vrai débat d'idées. Un Mélenchon qui dézingue en direct devant des dizaines de millions de téléspectateurs la pensée unique du "on peut pas, ya plus d'argent" qu'une dizaine de pseudo-économistes mainstream nous servent depuis dix ans à longueur d'antenne. C'est essentiel à mes yeux et je suis convaincu que les médias nous ont privés de cela.

Au lieu de cela on va se retrouver avec une soupe de vide et de rance.

Pour finir, je pense que l'électeur Macron, l'électeur Lepen et l'électeur Mélenchon se rejoignent sur l'idée d'un vrai changement. Je pense qu'aujourd'hui, il est essentiel de rassembler ces 3 courants et non chercher l'opposition car le fond reste la volonté de changement. Parce que si l'on fait les comptes, cela fait grosso-modo 60% des votants. On retombe étrangement sur les 60% de Français qui ne font plus confiance aux politiciens. Nous faisons tous partie de ces 60%.

La vraie question est : comment nous rassembler ?

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Critiques contre Macron et Le Pen : sous la pression, LCI supprime un replay
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Jackpot : énerver Mélenchon
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Gros coup de colère d'un parlementaire démocrate américain contre la commercialisation des données personnelles sur Internet.

"A quoi cela va vous servir". Malheureusement, la question est rhétorique... A faire de l'argent, toujours plus d'argent, au moins sur la vente des fichiers et la perspective du ROI. Mais si beaucoup de gens réagissaient comme ce parlementaire, ou de façon imprévisible, l'usage de ces fichiers pourrit devenir vain...

Pourquoi préférer les minuscules aux MAJUSCULES ?
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Firefox OS : retour sur un énorme gâchis

Je voudrais revenir sur un article racontant l’histoire de Firefox OS vue de l’intérieur et qui n’a pas eu énormément d’écho chez nous ; comme si la page était déjà tournée depuis

Scripts Nautilus/Caja : Astuce avec Fontforge et Nautilus

Astuce avec Fontforge et Nautilus

Si vous utilisez fontforge pour générer vos polices de caractère, savez-vous qu'il existe un langage de script qui peut vous faciliter la vie ?

Encore mieux si vous utilisez nautilus, il est possible de générer quelques formats nécessaires à un site internet en un script appelé sur un ou des fichiers .sfd

#!/usr/bin/fontforge -lang=ff
i=1;
while ( i<$argc )
Open($argv[i]);
Print("Saving " + $argv[i] + "as " + $argv[i]:r + ".ttf");
Generate($argv[i]:r + ".ttf");
Print("Saving " + $argv[i] + "as " + $argv[i]:r + ".woff");
Generate($argv[i]:r + ".woff");
Print("Saving " + $argv[i] + "as " + $argv[i]:r + ".svg");
Generate($argv[i]:r + ".svg");
Print("Saving " + $argv[i] + "as " + $argv[i]:r + ".otf");
Generate($argv[i]:r + ".otf");
i = i+1;
endloop
Quit(0);

Cela vous générera automatiquement les formats ttf, woff, svgfont et otf.
Ensuite, pour compléter la collection, il suffit d'ajouter les scripts qui vont bien en utilisant :

  • pour les fichiers EOT ttf2eot :

    #!/bin/bash
    scriptname=`basename $0`
    for file in "$@"; do
    target=$(echo $file|sed 's/(.*)..+/\1/').eot
    echo "$file -> $target"
    ttf2eot "$file" > "$target"
    done

  • et pour les fichiers woff2 woff2_compress :

    #!/bin/bash
    scriptname=`basename $0`
    for file in "$@"; do
    echo "$file"
    woff2_compress "$file"
    done

Puis sauvegarder chaque script dans ~/.local/share/nautilus/scripts/ en les rendant exécutables.
Les deux derniers scripts ne peuvent être utilisés que sur un ou des fichiers TTF


Explications ici : http://shaarli.plop.me/?0wJ_Pg
Les scripts sont dans la catégorie #NautilusCajaScripts