Monthly Shaarli
October, 2023
Michel Warschawski : Nous avons dépassé les crimes de guerre, nous sommes face à un crime contre l’humanité à Gaza. La Cour pénale internationale doit s’en saisir. La population de Gaza paye une nouvelle fois le prix cher, sans pour autant que ce carnage, ces milliers de morts gazaouis ne calment l’opinion publique israélienne, qui se sent très menacée.
Passionnant
Le journaliste israélien Gideon Lévy a arpenté le sud de son pays ces derniers jours: «J’ai été complètement horrifié… J’ai rencontré des gens qui ont vécu un cauchemar indélébile et je suis de tout cœur avec eux. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de penser qu’à quelques kilomètres d’eux, une catastrophe bien plus grande s’abat sur les habitants de Gaza», écrit le reporter du quotidien Haaretz à la suite des crimes de guerre commis samedi par les assaillants palestiniens. Il s’inquiète de ce que, contrairement à ses compatriotes, les habitant·es de Gaza – considéré·es désormais comme des «animaux» par son gouvernement – n’ont aujourd’hui aucun abri antimissile où se protéger.
🧶 Trois raisons pour lesquelles il me semble important de prendre position, en tant que français juif, pour la solidarité avec la Palestine, y compris et peut-être surtout dans ces moments où l'horreur nous frappe toutes et tous.👇
1) D'abord tout simplement en tant que français, européen, occidental, j'ai une responsabilité dans la situation en Israël-Palestine car mon État, mon Union et mes gouvernements sont très directement impliqués, par leur soutien sans faille à l'État d'Israël.
2) Ensuite parce que chaque voix juive qui s'élève pour la justice en Palestine dément l'idée qu'il s'agirait d'un conflit ethnique, religieux, culturel ou "de civilisation". La cause palestinienne est une lutte de libération, anticoloniale, basée sur des principes universels.
3) Enfin parce que l'État d'Israël prétend être celui de tous les juif·ve·s. Cette identification de tous les juif·ve·s à un Etat raciste met en danger l'ensemble des juif·ve·s. Soutenir les palestinien·ne·s est donc aussi un acte d'autodéfense juive contre l'antisémitisme.
via @khrys@mamot.fr
via @jcfrog
via @ciriaco@mamot.fr
via @clintruin@mastodon.social
Guerre Israël-Hamas : comment l'AFP utilise le mot terroriste
Conformément à sa mission de rapporter les faits sans porter de jugement, l’AFP ne qualifie pas des mouvements, groupes ou individus de terroristes sans attribuer directement l’utilisation de ce mot ou sans utiliser des guillemets.
Il s’agit d’une disposition de longue date à l’Agence, conforme aux politiques rédactionnelles des autres agences de presse internationales et de grands médias comme la BBC.
Cette règle s’applique à toutes les couvertures journalistiques de l’Agence concernant les violences à motivation politique qui visent des civils. Les consignes rédactionnelles relatives à la couverture de la guerre entre Israël et le Hamas suivent cette politique rédactionnelle en vigueur depuis longtemps.
Même si le débat sur l’utilisation du mot terroriste a ressurgi avec l’attaque du Hamas en Israël le 7 octobre, cette règle rédactionnelle a déjà été au cœur de vives discussions lors de la couverture de nombreux événements meurtriers par le passé.
Parmi ceux-ci les attentats de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), les attaques du 11 Septembre 2001 aux Etats-Unis, les meurtres d’Afro-Américains par un suprémaciste blanc en Caroline du Sud en 2015; les attentats de Paris en 2015; les attaques du dimanche de Pâques au Sri Lanka en 2019; et la fusillade dans les mosquées de Christchurch la même année.
L’AFP ne décrit pas les auteurs de tels actes, passés ou présents, comme des “terroristes”. Cela inclut des groupes comme l’ETA, les Tigres de Libération de l’Eelam tamoul, les FARC, l’IRA, Al-Qaeda et les différents groupes qui ont mené des attaques en Europe au siècle dernier, dont les Brigades Rouges, la Bande à Baader et Action Directe.
C’est une règle que nous avons fermement appliquée, même quand nos propres collègues ont été brutalement tués dans de telles circonstances.
En 2014, des talibans armés ont tué le reporter de l’AFP Sardar Ahmad, sa femme et deux de leurs enfants alors qu’ils dînaient dans un hôtel de Kaboul. Le chef photographe de l’Agence en Afghanistan Shah Marai a été tué avec plusieurs autres journalistes dans un attentat-suicide de l’Etat islamique en 2018. Le reporter free-lance James Foley a été enlevé en 2012 alors qu’il travaillait pour l’AFP en Syrie et a été assassiné par l’Etat islamique deux ans plus tard, avec une vidéo publiée sur les réseaux sociaux.
L’AFP a rapporté dans le détail ce qui était arrivé à ces journalistes, mais ces meurtres n’ont pas changé sa politique sur l’utilisation du mot terroriste.
Conformément à ces consignes éditoriales, l’AFP écrit qu’un groupe est qualifié de terroriste par un gouvernement ou une institution. C’est le cas pour le Hamas, qualifié de “terroriste” notamment par les Etats-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et Israël. C’est un fait que nous mentionnons dans notre production. De la même manière, nous citons des personnalités publiques et d’autres personnes lorsqu’elles utilisent le mot “terroriste” pour décrire le Hamas ou d’autres organisations. Nous utilisons également le mot terrorisme pour parler de poursuites judiciaires engagées pour ce motif.
L’emploi du mot terroriste est extrêmement politisé et sensible. De nombreux gouvernements qualifient d’organisations terroristes les mouvements de résistance ou d’opposition dans leurs pays. De nombreux mouvements ou personnalités issus d’une résistance un temps qualifiée de terroriste ont été reconnus par la communauté internationale et sont devenus des acteurs centraux de la vie politique de leur pays. L’exemple le plus emblématique est sans doute Nelson Mandela.
L’AFP a très largement couvert les événements du 7 octobre et la guerre qui a suivi, en décrivant avec précision des scènes souvent violentes et traumatisantes. Elle continuera de le faire.
Notre devoir est de rapporter les faits, sans crainte et sans esprit partisan, et nous poursuivons cette mission chaque jour en Israël, à Gaza et en Ukraine, et partout où nos journalistes sont déployés dans le monde.
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Vous n’employez pas le mot terrorisme…
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Je ne m’y oppose pas non plus. Ce fut du terrorisme, si l’on veut, mais je préfère désigner la réalité de façon plus neutre, voire plus juridique, tant ce terme de terrorisme s’avère politiquement piégé. Israël tombe du reste sous le coup d’une telle définition, dans la mesure où cet État n’a cessé de semer la terreur à l’égard des Palestiniens.
Refuser la qualification de « terrorisme » ce n’est donc pas relativiser et encore moins justifier les crimes du Hamas contre des civils palestiniens et israéliens, mais empêcher que ne soit biaisée la lecture de la situation en Palestine.
Ce qui est le plus scandaleux, c'est que ce genre d'organisme espère passer directement par les instances qui décident, au-dessus de la volonté des gens. Non je ne veux pas que mes données de santé soient transmises à des assurances, et je pense ne pas être le seul individu à ne pas vouloir cela. Pourquoi des instances européennes pourraient l'autoriser contre ma volonté ?
via @sebsauvage
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via @sebsauvage
Tout y est
Pour déconstruire le récit habituel, nous avons un ministre du budget qui parlait récemment des « Français qui paient des impôts ». Mais enfin, tout le monde paie des impôts ! Ce qu’il voulait dire, c’est « les Français qui paient des impôts sur le revenu ».
Mais je pense qu’il est intéressant de souligner que la contribution la plus importante provient des ménages et que la contribution la plus importante au sein des ménages est la TVA.
Quand les palestiniens ne résistent pas, ils sont tués. Quand ils manifestent pacifiquement, ils sont tués. Quand ils résistent en lançant des cailloux, ils sont tués. Quand ils vivent en Cisjordanie loin du Hamas, ils sont tués.
#Gaza #Palestine #Genocide
@UNHumanRights NY Office Director @CraigMokhiber resigns in protest over timidity of key parts of #UN system on issues pertaining to Palestinian Human Rights. In letter to @volker_turk he says: "This is a text-book case of genocide. The European, ethno-nationalist, settler colonial project in Palestine has entered its final phase, toward the expedited destruction of the last remnants of indigenous Palestinian life in #Palestine."
Nous avons vécu 1948, et tout ce que nous demandons, c’est de pouvoir élever nos enfants en paix. Pourquoi faut-il que l’histoire se répète ? Qu’est-ce qu’ils veulent ? Ils veulent Gaza ? Que vont-ils faire de nous ? Qu’est-ce qu’ils vont faire de la population ? Je veux des réponses à ces questions, je veux en avoir le cœur net. Est-ce qu’ils veulent nous jeter à la mer ? Eh bien allez-y, faites-le, ne prolongez pas nous souffrances ! N’hésitez plus, faites-le... Avant, je disais que Gaza était une prison à ciel ouvert. Maintenant, je dis que c’est une tombe à ciel ouvert... Vous croyez que les gens ici sont vivants ? Ce sont tous des zombies.
Dans ce cas on pourrait penser également que les réactions politiques exprimées par tomer sisley et Gilles Lellouche cache des liens avec l'extrême droite israélienne... jdcjdr
Channel 4 a publié cette vidéo, intitulée "Inside the Gaza siege - an eyewitness report" (à l'intérieur du siège de Gaza - un témoin oculaire), par le cinéaste Yousef Hammash, qui vit là-bas. Son témoignage est terrible, mais essentiel. Les images sont choquantes.
Voici une transcription commentée en français de la vidéo :
Il n'est pas possible de penser à soi. Il n'y a pas que le bruit des sirènes et des grèves, le bruit du chaos entre les deux est implacable.
C'est la panique pure partout où l'on regarde.
Ce petit garçon a été sorti vivant, son visage est [...]. Son sauveteur l'a amené à sa mère. Mais avant qu'elle ne puisse prendre son fils dans ses bras, elle s'évanouit choquée.
Toute voiture devient une ambulance. Cette femme est emmenée, avant que le véhicule ne soit abattu.
On nous a dit de sortir. Mais où allons-nous, et comment y arriver ?
[Des gens marchent sur une route, en portant quelques affaires, des femmes, des hommes et des enfants, dans une fuite] Plus de 2 millions de personnes vivent ici, dont près de la moitié sont des enfants. Les familles se précipitent pour essayer de faire des projets. Chaque seconde compte. [Une famille tente de se regrouper dans la panique, soudain, explosion à proximité, les enfants sont tirés par un adulte vers l'intérieur d'une maison]
Gaza est complètement assiégée. [Des familles fuient sous les bombardements]
Pas d'eau, pas de nourriture, pas d'électricité et pas d'échappatoire. [Des gens fouillent parmi les décombres].
C'est trop dur, certains abandonnent presque. Mais on ne peut pas rester immobile longtemps. [Un homme au désespoir, s'appuie sur un poteau électrique et appelle à l'aide.] "S'il vous plaît, ma famille, ce ne sont que des enfants ! [Des missiles arrivent bruyamment et explosent, il s'enfuie]".
Nous ne sommes pas étrangers à tout cela, mais comment se sent-on cette fois-ci ? Il est difficile de trouver les règles. [Des gens emportent des enfants dans une ambulance]
On a l'impression que le monde s'effondre. [Des gens fouillent les décombres]. De nombreuses personnes sont retrouvées mortes, d'autres sont portées disparues.
Cette femme ne retrouve pas son fils. "Je n'ai pas eu de nouvelles de lui depuis samedi, je n'ai rien eu de lui, rien !
[Plestia Alaqad (Instagram)] "C'est ici que la famille se réunit tous ensemble. Aussi dans un endroit loin d'ici, quand [explosion proche, le souffle fait bouger ses cheveux]. J'essayais d'expliquer les choses mais je pense que vous pouvez les entendre maintenant."
[La femme marche dans les décombres, des immeubles sont à moitié défoncés, le sol est jonché de gravats]. "Je marche en ce moment près de ma maison, près de mon immeuble, mais je jure que je ne pourrais pas reconnaître la rue. J'ai aussi peur de marcher, parce qu'à tout moment, quelque chose peut exploser."
Cet après-midi, je retrouve Plestia dans la rue près de ce qui fut sa maison.
"Maintenant, ce n'est même plus sûr de marcher, comme vous pouvez le voir ici, ce bâtiment a pris feu en plus des bombardements qui ont eu lieu, donc ce n'est pas sûr, rien n'est sûr littéralement".
Maintenant, plus rien n'est reconnaissable.
"C'est une ambulance !" [Elle pointe un véhicule défoncé parmi les gravats].
Elle a peur de ce qui se passe maintenant et de ce qui pourrait arriver ensuite.
via @khrys
EDIT :
Voir la notre et les liens de {anon} ici : https://ecirtam.net/opennews/?giFwEA
L'article de Géo serait donc à prendre avec des pincettes.
La nausée,
Le gouvernement israélien est une entité mortifère, une puissance coloniale et impérialiste sans vergogne qui commet au quotidien, et ce, depuis 75 ans des crimes de guerre atroces. Qui tue, humilie et emprisonne arbitrairement enfants et civils dont le seul crime est d’oser être Palestinien. La nausée à chaque exaction du gouvernement, de son armée et de ses fanatiques. La rage et le deuil à chaque mort palestinienne.
Le gouvernement israélien et le massacre qu’il perpétue depuis 1948 est bien l’ennemi réel, le criminel - c’est donc lui qu’il faut détruire. LE GOUVERNEMENT ISRAÉLIEN.
Maintenant, la nausée me prend à nouveau. L’assimilation d’une population entière, au sein de laquelle, lutte de classes, discriminations raciales, divergences politiques existent bel et bien comme dans chaque pays du monde, l’assimilation de cette population toute entière à son gouvernement, à son identité ethnique, est une pensée fasciste, délétère et meurtrière. C’est un discours d’extrême droite dégoulinant de haine et de bêtise.
Célébrer le meurtre et le viol de jeunes à peine pubères, les qualifier de colons, comme si ce statut justifiait toutes les horreurs et transformait leurs bourreaux en héros, est d’une violence inouïe. L’incohérence est absolue. Ne peut se prétendre de gauche celui qui essentialise, celui qui défend le meurtre de sang-froid. La déshumanisation d’une population au nom de sa nationalité ou de son ethnicité appartient à l’extrême droite.
La tactique du Hamas est incompréhensible, ils se savent démunis face à la puissance militaire de l’État hébreu. La seule interprétation plausible à ce jour est que, à la veille de la normalisation des relations entre Israël et l’Arabie-Saoudite, le Hamas, en désespoir de cause, lance une mission suicide, sachant pertinemment que la réponse sera d’une violence démesurée (le gouvernement actuel est le plus radical et violent que le pays ai connu depuis 30 ans, affichant de manière assumée une volonté de rayer la Palestine de la carte pour de bon.). C’est cette violence qui permettra au Hamas de regagner des soutiens au sein du monde arabe et pourrait empêcher les accords entre Israël et L’Arabie-Saoudite d’advenir. C’est donc une attaque suicide, mais dont les suicidés sont les civils Gazaouis. Gazaouis qui depuis 16 ans subissent un blocus invivable et dont la misère déjà incommensurable ne va qu’en s’élargissant (le désert ne peut plus croître ?). Le Hamas fait fi des vies en jeu, même de celle de son propre peuple.
La révolution ainsi que la libération palestinienne sont nécessaires, et non pas de manière abstraite. Oui, la guerre, c’est sale, oui il y a du sang, des injustices, des “dommages collatéraux” AKA la mort d’innocents.
Mais le Hamas joue mal. Il dessert la cause palestinienne, montrant un visage de terreur et de haine à la communauté internationale. Il désolidarise quand la solidarité envers le peuple palestinien est plus que jamais nécessaire. C’est l’enfer tout bonnement qui attend les Gazaouis cette semaine.
La lutte décoloniale est aussi une lutte médiatique. Les images que j’ai vues et qui désormais hantent ma mémoire comme un cauchemar ineffable sont injustifiables. Ni au nom de la libération palestinienne, ni au nom de la révolution, je ne peux adouber ce que j’ai vu et continuer à porter le nom d’Homme.
La vision de la barrière de sécurité passée au bulldozer est une réjouissance, une véritable évasion de prison. Les postes de police brûlés, les bases militaires saisies. Bien, il y a cohérence, les oppressés de toujours s’en prennent à l’oppresseur, ses institutions, son armée et sa police.
Le reste est insupportable, tout bonnement. Entrer dans les foyers, tirer à bout portant sur des familles entières, violer des femmes sur les cadavres de leurs amis pour ensuite les exécuter ou parader, le corps nu et humilié, comme un trophée de guerre tandis qu’une foule en délire crache dessus. J’ai envie de vomir. Voilà que les “freedom fighters” s’abaissent au niveau de l’oppresseur, et peut-être même, s’enfoncent dans des ténèbres plus épaisses encore.
Que ceux qui scandent que : ce sont de toute façon des colons, qu’ils n’avaient qu’à pas aller à une fête à la frontière de la prison à ciel ouvert qu’est Gaza se posent la question ; tous ceux qui vont se coucher dans leur lit le soir alors qu’il y a sans-abris et réfugiés qui dorment au pied de leurs immeubles, méritent-ils la mort ? Ceux qui passent en sifflant devant les murs de nos prisons, songeant à leur crush, méritent-ils la mort ? Où commence la culpabilité ? Et ne sommes-nous pas tous coupables ?
Il y a une vidéo que j’aurais aimé ne jamais voir et qui me hante. Je vous l’épargne, mais je vais la décrire, car elle soulève pour moi une réflexion au-delà des événements actuels.
Dans cette vidéo, prise par un Palestinien dans Gaza puis glorieusement diffusée sur les réseaux sociaux, il n’y a qu’un seul corps féminin au milieu d’une foule d’hommes debout. Ce corps-là n’a pas de visage, il est nu, humilié, face contre terre à l’arrière d’un camion en marche. Cinq hommes autour d’elle la retiennent par le pan de sa robe retroussée agitant leurs armes dans les airs et poussant des cris de joie. La foule en délire - uniquement des hommes - les suit en courant, euphorique. Certains s’accrochent au bord du camion et crachent sur le corps inanimé.
Le corps de cette femme est un trophée. C’est une prise de guerre, un symbole de victoire. Il est nu et le visage au sol. Le corps des femmes est toujours une arme de guerre, un objet qu’on parade. Des mythes antiques à nos jours, les femmes sont des tributs. Je ne peux croire qu’une seule femme au monde devant cette scène, puisse se réjouir. Je ne peux croire que les femmes de Gaza ne ressentent pas leur chair de femme se déchirer devant ce supplice. C’est sans doute pour cela qu’elles sont totalement absentes de la scène. La Femme n’a pas de visage, la Femme n’est pas un Homme.
La source de toute cette violence est le gouvernement israélien, n’oublions pas que le Hamas en est l’enfant monstrueux, leurs existences sont liées par le sang - et la destruction du père mettrait fin à l’existence du fils. Ces deux entités sont les ennemies du peuple palestiniens et de tous ceux qui souhaitent vivre.
Mais j’en viens à penser que, peut-être, la racine du problème, et de toutes les violences qui ébranlent le monde, c’est la masculinité.
Quand je pense qu’il y a quelques jours à peine des centaines de femmes Palestiniennes et Israéliennes ont participé à la marche de “women wage for peace” à Jérusalem, je frémis de l’horreur qui suivit. Je frémis de ces hommes brandissant leurs armes dans les airs comme un sexe dressé. Je frémis des chefs d’Etat, humiliés, heurtés dans leur masculinité, qui prendront leurs décisions avec qu’une seule pensée en tête : prouver qui a la plus grosse.
Je sais que je vais me faire défoncer de tous bords. Par les pro-Palestine, par les pro-Israël, par les anti-féministes, par les hommes fragiles, par les femmes alliées. Et pour la première fois de ma vie, je m’en contrefous.
Noor Or