Bonjour Antichesse,
Merci d’avoir détaillé ta réponse. Un point me semble important : tu passes de "2-3 % des hommes" à "2-3 % des étrangers". Ce n’est plus le même sujet. Je t’avais demandé d’où venait ce chiffre pour les hommes, tu ne l’as pas justifié, et tu as déplacé la discussion vers l’immigration.
Sur le fond, les chiffres montrent une surreprésentation masculine dans les violences. Personne ne dit que tous les hommes sont violents. Mais tu utilises l’argument "not all men" en rappelant que la majorité des hommes ne sont pas violents. Ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est la surreprésentation masculine dans ces actes. Dire "pas tous les hommes" ne répond pas à la question : pourquoi cette minorité commet-elle une majorité de ces violences ? C’est cela qui mérite analyse. L’analogie avec les étrangers ne tient pas : si la surreprésentation d’une minorité ne permet pas de généraliser aux étrangers, elle ne permet pas non plus de généraliser aux hommes. Donc soit on accepte l’analyse statistique sans généraliser, soit on l’interdit pour tout le monde. Mais pas seulement pour les hommes.
Tu m’associes à Alice Coffin, que je connais mal. Ce qui me gêne, c’est qu’à travers ses propos, tu retournes la charge sur les femmes, qui ne sont pourtant ni plus autrices ni plus victimes dans le graphique. Les hommes deviennent tout à coup les opprimés d’un discours féministe. Cela me paraît excessif. Nous sommes encore dans une société inégalitaire, où les hommes sont globalement plus avantagés socialement, économiquement et culturellement. La victimisation des hommes par des discours est donc hors de propos.
Enfin, je doute qu’il soit judicieux de confondre masculinité toxique et toxicité humaine. Ce concept ne dit pas que tous les hommes sont toxiques, ni que la toxicité est exclusivement masculine. Il dit que certains comportements associés à une vision culturelle de la masculinité sont statistiquement plus répandus chez les hommes. Inventer une symétrie avec la féminité toxique n’est pas pertinent. C’est comme mettre en parallèle la misogynie et la misandrie : la misogynie est un système d’oppression, la misandrie n’a pas ce poids systémique.
"Tous les Juifs…", "toutes les femmes…", "tous les homosexuels…" ne peuvent pas être mis sur le même plan que "Tous les hommes…". Les hommes ne sont pas une minorité opprimée, ils ne subissent pas de discrimination systémique en tant qu’hommes. La comparaison est au moins fallacieuse. Utiliser la lutte contre l’antisémitisme pour délégitimer la critique du patriarcat me choque.
Désolé de ne pas avoir répondu avant, je ne consulte le River que de temps en temps. Si tu as des arguments dans ce débat important, n’hésite pas à les partager. J’aimerais qu’on évite les procès d’intention et les généralisations, pour que la discussion reste utile.