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[...] Des élu·es d’opposition demandent désormais des explications à la municipalité. L’ancienne maire écologiste Jeanne Barseghian et Germain Mignot (Parti communiste français), coprésident·es du groupe « Strasbourg juste et vivante », ont adressé une demande en ce sens à la ville. Il et elle s’interrogent sur une possible « volonté de censure politique ».
« Nous peinons à comprendre la décision qui a conduit à effacer cette illustration, et par conséquent à jeter des centaines d’exemplaires de ce livret. Nous craignons qu’il ne s’agisse d’une volonté de censure politique concernant un ou plusieurs des éléments illustrés sur la couverture de ce livret […]. Nous vous demandons de bien vouloir justifier ce choix, et de nous assurer que cet effacement n’est pas le fruit d’une volonté de censure émanant de l’exécutif municipal », écrivent-ils.
Plusieurs sources dénoncent l’intervention de Carole Wenner, adjointe à la maire chargée de la lecture publique, de la promotion du livre et de la lutte contre l’illettrisme, dans cette décision.
Sollicitée, la municipalité explique : « Une illustration d’artiste, présentée dans le cadre d’une exposition des médiathèques de Strasbourg et portant notamment l’inscription “Stop génocide”, a été utilisée pour la couverture du programme de rentrée des médiathèques. Ce choix de communication a été fait sans validation politique ni hiérarchique. »
« Sorti du contexte de l’œuvre dont il est issu, ce message pouvait prêter à interprétation, susciter des incompréhensions et être perçu comme une prise de position politique de la collectivité. Il n’était donc pas adapté à un support de communication institutionnelle de la ville. […] Pour éviter toute incompréhension, le choix a été fait de modifier la une du programme des médiathèques tout en gardant bien sûr l’exposition programmée », ajoute-t-elle.
Selon nos informations, le programme culturel des médiathèques a été imprimé à 13 000 exemplaires. Lorsque la décision de changer le visuel a été prise, il a finalement été réimprimé à 7 000 exemplaires. Interrogée, la ville n’a pas répondu sur ce point, mais conclut en disant vouloir « permettre à chacune et chacun de se reconnaître dans la collectivité, favoriser la compréhension mutuelle, le dialogue et le rassemblement et contribuer à l’apaisement ».