Monthly Shaarli
August, 2026
L’humanité n’a mis les pieds en Europe que bien après avoir conquis l’Afrique et l’Asie. Marie-Hélène Moncel, directrice de recherche au laboratoire Histoire naturelle de l’homme préhistorique, nous explique comment.
Le projet de création d’un data center Microsoft a reçu un avis favorable de la part du commissaire chargé de l’enquête publique ce 24 août. Le projet gargantuesque chiffré à deux millards d’euros devrait voir le jour d’ici 2029 dans le Haut-Rhin, en Alsace.
Le 8 septembre, à 21 heures, Arte diffuse les trois épisodes de « Fuck la planète », une enquête implacable sur la guerre menée par l’industrie et sur le cynisme des politiques face aux alertes
In effort to prime chatbots to make pro-Israel arguments the site published 124 reports, over 560,000 words in nine days, Guardian analysis shows
L'armée israélienne prétendait viser un dépôt d'armes du Hamas, le mouvement et la population civile dénonce un crime de guerre.
Sous couvert d’anonymat, un ancien soldat de l’armée israélienne a raconté au journal « Le Monde » et à l’ONG Breaking the Silence, comment l’armée israélienne emp...
Eight Palestinians, including children, were killed in separate incidents across the Gaza Strip as Israeli attacks continued across the devastated coastal e ...
Une photographie du reporter palestinien Jehad Alshrafi a été discrètement remplacée par l'organisation du Deauville Sport Images Festival, fin août, annonce le média local le Pays d�...
S301 est l’étoile la plus proche et la plus rapide jamais découverte autour du trou noir supermassif au centre de notre galaxie !
« Le mythe de l’intelligence artificielle générale ressemble beaucoup à une théorie du complot et c’est peut-être la plus importante de notre époque »
Malgré les alertes de la LPO sur les risques liés à la sécheresse, la chasse aux oiseaux d'eau a bien ouvert en Franche-Comté ce 21 août 2026. Cette décision attriste l'association, qui craint pour les populations d'oiseaux...
Le mois d'août n'en a pas fini d'offrir des spectacles célestes. Après l'éclipse de Soleil et les pluies d'étoiles filantes du 12 août, voici venu, vendredi 28, le temps d'une belle éclipse lunaire. Voici tout ce qu'il faut savoir pour l'observer en Alsace.
Alors que le protocole d’accord entre les États-Unis et la république islamique a expiré, le Guide suprême a procédé à une réorganisation complète du système militaro-sécuritaire. Celui-ci est adapté…
Toute l'information selon des sources contradictoires.
Le ministre de la Sécurité nationale a tenu ces propos lors d’un entretien avec un ancien otage détenu à Gaza.
Qui protège les violences commises contre les enfants en France ? Une question que l'actualité ne cesse de renforcer.
Plutôt Gabriel Attal ou Édouard Philippe pour 2027 ? Sur le thème du climat, Monique Barbut n’est convaincue par aucun des deux.
La loi devait entrer en vigueur dès septembre et prévoyait l'interdiction des réseaux sociaux en dessous de 15 ans. Le Conseil constitutionnel dénonce une "atteinte disproportionnée" aux libertés.
Des scientifiques aux activistes, ceux qui alertent depuis des années sur les conséquences du changement climatiques s’interrogent sur le souvenir que laissera l’été 2026 au grand public.
ZATAZ découvre 1.7 milliard d’identifiants français uniques stockés dans un cloud pirate.
Les évènements climatiques du mois de juillet 2026 n’ont pas laissé les Français insensibles, comme le montre une étude YouGov pour Le HuffPost.
Déjà obligatoire pour les moins de 12 ans, le casque pourrait le devenir pour tous les conducteurs de vélo et trottinette. C’est en tout cas le souhait de Marie-Pierre Vedrenne.
Les textes générés par les intelligences artificielles sont souvent accusés d’être fades, prévisibles et facilement reconnaissables. Pourtant, une étude américaine invite à remettre en question not...
C'est un emballement médiatique qui cristallise quelques uns des sujets les plus inflammables : Gaza, Israël, LFI, l'antisémitisme et la liberté d'expression. Dès lors, pas si étonnant que le concert de la DJ Barbara Butch qui s'est déroulé à Grenoble samedi 18 juillet et sa perturbation par une foule de militants et citoyens engagés contre sa venue, aient largement occupé le champ médiatique toute la semaine suivante. ASI s'est penché en détail sur le traitement médiatique de cette "affaire", et s'est entretenu avec plus d'une vingtaine de personnes qui étaient présentes ce soir-là. Parmi eux, des militants, des journalistes, ou des spectateurs. Dans une première partie nous analyserons l'emballement médiatique hors norme autour de cette soirée. Puis dans une seconde, les biais et angles morts de ce récit médiatique. Avant de donner la parole, dans une troisième et dernière partie à des militants et citoyens qui ont pris part à la manifestation.
(Avec une illustration caca, mébon)
Souveraineté numérique et commande publique : les acheteurs transforment les risques juridiques, cloud et extraterritoriaux en clauses
« Détenus par la police, isolés et interrogés séparément », les membres du groupe britannique ont payé cher leur soutien à la Palestine sur scène.
L’Union européenne va progressivement imposer à partir de ce dimanche l’étiquetage des contenus créés par l’intelligence artificielle.
Pour la première fois, le président de la Haute autorité de santé a dénoncé publiquement les pressions grandissantes de l’industrie pharmaceutique dans l'évaluation des médicaments. Les patients servent même parfois de relais aux laboratoires.
The families of two cousins killed by Israeli snipers recall their fateful decision to go out to buy food in Gaza.
Comment, du XIXe siècle à nos jours, les alertes scientifiques sur le dérèglement climatique ont été ignorées, sous la pression des milieux politiques et économiques. Éclairant notre présent en péril, un exposé historique implacable, nourri de passionnants témoignages d'experts.
Des colons israéliens ont bloqué l'aide humanitaire vers Gaza à Kerem Shalom, mardi, pour protester contre la force internationale de stabilisation.
Nous avons documenté à de nombreuses reprises les manipulations des instituts de sondages, des outils aux mains des libéraux.
X has sent cease-and-desist letters to Nitter, the open source project behind privacy-friendly X front ends, demanding its instances and code repository be taken down over alleged scraping.
Israel has threatened Palestinian groups against launching ‘kites, drones, and balloons’ from the war-torn enclave.
Deux semaines après le vote de la loi « permis de tuer », la secrétaire générale de la fédération Interco de la CFDT a pris la plume pour suggérer à Laurent Nuñez d’�...
Open-source tools for non-root Android functionality, security, privacy, and customization, such as Termux, F-Droid, Shizuku, Tor, TrackerControl, InviZible Pro, QEMU, Tailscale, OpenSSH, and PipePipe. - Willie169/Android-Non-Root
TRIBUNE. Le rejet de l’écologie est désormais promu par des gouvernements élus démocratiquement, autoritaires voire fascisants, et soutenus par les milieux d’affaires des énergies fossiles, déplorent trois spécialistes d’écologie politique, dans une tribune au « Monde ».
Filmé proférant des insultes à l’égard de son principal adversaire, l’élu LR a écopé jeudi d’une amende de plus de 5 000 euros d’amende, échappant à la peine de quatre mois de prison avec sursis requise par le parquet.
Abstract page for arXiv paper 2608.18114: Accurate Decoding of Natural Sentences from Non-Invasive Brain Recordings
Découvrez L'éditorial de Rosa Moussaoui « Les représailles de Trump contre la CPI n’ont qu’un but : protéger Netanyahou » dans l'Humanité du 20 août 2026
La propriété de 4 hectares de cet entrepreneur se trouve sur la pointe du Cap-Ferret. Le 23 juillet, il avait pris la décision d’abattre des pins sur plusieurs centaines de mètres de large pour ériger ce pare-feu.
Enterré à Rotterdam, le colonel et fondateur de l’Organisation des nationalistes ukrainiens a été rapatrié en Ukraine le 13 août. Les principaux dirigeants ukrainiens, dont le pré...
Actuellement en phase de tests, le logiciel vise à automatiser le traitement des contentieux de masse reçus par Beauvau, notamment ceux en lien avec le droit des étrangers. Malgré d’importants taux d…
Dans un rapport commandé par le gouvernement, l’inspection générale des finances recommande la mise en place de nouvelles mesures anti-sociales, visant à asphyxier encore davantage les plus précaires, dont les étudiant·es. Le rapport préconise, entre autres, une refonte du mode de calcul des Aides Pour le Logement (APL). Jusque là…
Au nombre des fléaux du macronisme il faut donc compter la licence donnée aux banquiers d'affaire de se rêver président de la république. Du capital financier au sommet de l'Etat : un raccourci de l'époque. On sait comment l'autre s'y prit — Pigasse a eu le temps de remâcher sa rancœur. Lui aussi bientôt. Mais par d'autres voies. Pas comme l'usurpateur par le soutien ouvert, unanime, dégoûtant de la presse bourgeoise mobilisée : dans un mouvement plus ample, parti de plus loin, plus « subtil » — qu'on n'aurait pas vu venir.
À Jérusalem-Est, les Palestiniens vivent au rythme des démolitions de maisons, des expulsions forcées et des violences terroristes commises par des colons israéliens. Reportage sur place.
Ce jeudi 6 août, le Conseil constitutionnel a validé sans réserve l’ensemble de la loi de programmation militaire. Les regards étaient notamment tournés sur la création d’un ...
Les sionistes accusent une marque de vêtement voulant dire «bon appétit» d'être une apologie cachée du 7 octobre.
Anticipée, cette collision entre l’étage supérieur d’une fusée SpaceX et la Lune a été confirmée. Elle ne présente aucun danger pour la Terre.
Un trou de plus de 600 mètres de profondeur, assez vaste pour engloutir 120 millions de mètres cubes d'air. Au fond, une forêt subtropicale prospère dans une pénombre quasi permanente depuis 1...
Rami Abou Jamous écrit son journal pour Orient XXI. Dans ce texte, il revient sur les raisons de son silence, la mort de proches à Gaza — dont celle de la tante de son épouse Sabah —, la réduction de l’aide humanitaire et une situation qui empire chaque jour, à Gaza comme en Cisjordanie. Samedi 25 juillet. Salut les amis. Toujours vivant. Chers lecteurs, chères lectrices, cela fait longtemps que je n’ai pas donné de nouvelles, et je vous prie de me pardonner. Je sais que vous vous (…)
Emily Bender et Alex Hanna publient The AI con, « L’escroquerie de l’IA ». Une synthèse très documentée qui nous invite à lutter contre le monde que nous proposent les géants de l’IA. Lecture.
La proposition de loi Yadan a été rejetée en partie à cause d’une définition qui tend à mélanger antisémitisme et critique d’Israël. Faute de pouvoir passer par voie législative, le gouvernement tent…
Doctolib utilisera les données de santé de ses quelque 50 millions d’utilisateurs dans le cadre d’un programme de recherche consacré à l’intelligence artificielle. Présenté com...
Elle est descendue du ring les bras en l’air. Et s’apprête à y remonter en rêvant du même succès. En juillet dernier, la radio Nova a terminé la saison 2025-2026 à un niveau historique avec pas moins de 2,1 millions d’auditeurs au rendez-vous, soit 1,2 million de plus qu’un an auparavant.
Une progression d’une ampleur jamais vue depuis la création de la mesure actuelle des audiences de la radio, en 2002. En deux ans à peine, la station musicale privée est même parvenue à multiplier son audience par six. De quoi sidérer un marché en déclin depuis plusieurs années.
Inutile de dire que Nova entend poursuivre sur cette très bonne dynamique à partir du lundi 31 août, date de sa rentrée. Pour ce faire, point de révolution ni de grand soir à l’horizon. « On sera dans la continuité de ce qu’on propose déjà, mais avec quelques nouveautés pour continuer d’être excitant et singulier », résume Frédéric Antelme, son directeur.
« Vous venez pour la musique, restez pour les idées, et vice versa »
À l’orée d’une saison marquée par la présidentielle, la station entend ainsi continuer, malgré les polémiques, d’être « à la pointe de la bataille culturelle » théorisée par son propriétaire, le banquier d’affaires Matthieu Pigasse, qui vient d’afficher ses « convergences » avec LFI aux universités d’été des Insoumis. « On veut être une radio musicale qui a quelque chose à dire. Notre principe en cette rentrée c’est : Vous venez pour la musique, restez pour les idées, et vice versa », décrit Frédéric Antelme.
Tête de gondole du succès actuel, Guillaume Meurice et sa bande de « La dernière » rempileront pour une troisième saison. Toujours entourée de Juliette Arnaud, d’Aymeric Lompret - qui reprendra également à partir du mois d’octobre sa « Matinale de la nuit » le mardi à 22 heures - et de Pierre-Emmanuel Barré, l’ex-figure de France Inter sera de nouveau en direct et en public chaque dimanche entre 18 heures à 20 heures à partir du 6 septembre.
Seul changement à prévoir : le lieu d’enregistrement de l’émission. Exit le théâtre de L’Européen (Paris XVIIe), place à L’Alhambra dans le Xe arrondissement. Une salle de près de 600 places, contre 350 précédemment. « On veut proposer à plus de gens de pouvoir venir. La saison dernière, ils avaient du mal à trouver des places car on vendait tout en trois minutes », justifie Frédéric Antelme. De quoi aussi faire entrer un peu plus d’argent dans les caisses du média, qui fait payer environ 20 euros le billet pour assister à l’émission.
Akim Omiri déménage aussi
Guillaume Meurice et sa bande ne seront d’ailleurs pas les seuls à pousser les murs en ce début de saison. Face au succès de « La riposte », son émission programmée le mercredi à 22 heures, l’humoriste Akim Omiri va lui aussi faire ses cartons. Direction le théâtre de la Gaîté Montparnasse. « On passe d’une centaine de places à 400, commente son patron, Frédéric Antelme. L’engouement est phénoménal. Toutes les places sont déjà vendues jusqu’à la fin de l’année », se félicite-t-il.
En cette rentrée à forts enjeux, Nova veut surtout renforcer sa matinale. « C’est l’un de nos principaux chantiers. On a un véritable potentiel pour aller chercher plus d’audience à cet horaire », explique Frédéric Antelme. Son équipe s’enrichira ainsi dès la rentrée de nouvelles voix. Si le tandem à la barre la saison dernière, Ségo Raffaitin et Azzeddine Ahmed-Chaouch, repart pour un tour, il sera rejoint par Raphäl Yem, une voix déjà bien connue des auditeurs de la radio.
« Nova le matin » accueillera aussi l’économiste Thomas Porcher, qui délivrera une chronique quotidienne. Sans oublier Rayene Aït-Tahar, un ancien visage de Konbini, qui incarnera un nouveau jeu proposant de déterminer si un auditeur est de gauche ou de droite. Avant de lui faire gagner des cadeaux de l’un ou l’autre bord politique.
Julie Conti arrive
Côté humour, la matinale fera toujours confiance à Thomas VDB et Noam Sinseau, mais aussi à une nouvelle venue : Julie Conti, qui a quitté France Inter en février dernier après un sketch dans lequel elle qualifiait son homologue Sophia Aram d’« islamophobe ».
Autre transfuge de la station publique, Emma Bojan animera pour sa part de 20 heures à 21 heures « OK NOVA ». Dans ce nouveau rendez-vous interactif, elle répondra aux requêtes musicales érudites ou décalées de ses auditeurs. Venue elle aussi d’Inter, Charline Roux reprendra quant à elle à partir de 21 heures les commandes de « Nova le soir », une émission recevant un invité culturel par soir.
Tous les jours à 18 heures, l’actu politique
Outre sa place dans la matinale, Azzeddine Ahmed-Chaouch pilotera la couverture de la présidentielle de la station via une offre de contenus baptisée « 2027 raisons de voter ». « L’abstention est l’un des grands enjeux de cette présidentielle. On veut donner aux gens l’envie de se bouger », justifie Frédéric Antelme.
Au menu de ce dispositif linéaire comme numérique : des interviews au long cours (« Personnage principal »), mais aussi des reportages vidéo et un journal quotidien diffusé à 18 heures revenant sur l’actualité politique du jour. « On a un rôle à jouer important dans cette campagne. On veut en proposer une lecture un peu différente des autres médias », prévient le directeur de Nova.
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Le texte promulgué en août 2021 ans se voulait la traduction dans la loi du travail de la convention citoyenne pour le climat visant à guider la France vers la décarbonation. Mais ses principales dispositions n’ont cessé d’être assouplies ou annulées depuis.
En Croatie, sur le site de Saint-André de Betiga, des archéologues ont redécouvert des mosaïques paléochrétiennes dans la chapelle et la nef centrale d'une ancienne basilique.
L'urgence climatique ne nous permet plus de nous diviser. L'écologie, associée à une politique sociale radicale, doit désormais structurer notre méthode pour les mois à venir. Il n'y a plus une seconde à perdre.
Plus de deux ans après sa mort, l’armée israélienne reconnaît enfin avoir tiré en direction du véhicule dans lequel se trouvaient Hind Rajab et sa famille alors qu’ils fuyaient la...
L’armée israélienne a arrêté, le mardi 18 août peu avant l’aube, le Dr Dima Amin, 54 ans, à son domicile de Ramallah, en Cisjordanie. Elle est spécialiste en obstétrique et gy...
En cas d’accession à l’Elysée, la candidate du Rassemblement national promet la convocation d’un référendum pour réviser la Constitution et y inscrire les fondamentaux de l’extrême droite. Sa réforme braverait l’Etat de droit et menacerait la France d’une mise au ban dans le concert des nations.
C’est peu dire que le Rassemblement national (RN) n’a jamais pris la Révolution française pour modèle. Mais voilà que le parti d’extrême droite prend la période honnie pour référence : « En 1789, les parlementaires qui ont refusé les réformes ont été guillotinés », dit en souriant Philippe Olivier, conseiller spécial de Marine Le Pen. La référence de l’eurodéputé se veut ironique, mais elle raconte l’autorité par laquelle le mouvement imposerait son premier coup de force, en cas de victoire à la présidentielle 2027 : la convocation d’un référendum constitutionnel contre l’immigration.
En tête du programme lepéniste depuis 2022, la réforme constituerait une révolution politique et juridique. Marine Le Pen braverait, en cas d’adoption, l’Etat de droit et sept décennies de consolidation des valeurs fondamentales de la France ainsi que de la norme suprême, promulguée le 4 octobre 1958.
Une fois n’est pas coutume, la promesse fait l’objet d’un document précis et publié ; une proposition de loi constitutionnelle de quatorze articles déposée par Marine Le Pen et ses parlementaires, le 25 janvier 2024 à l’Assemblée nationale. Un seul amendement a depuis été apporté à ce texte, qui ne devrait pas subir de changement majeur d’ici à la présidentielle : après la polémique suscitée lors des législatives anticipées de 2024, Marine Le Pen a renoncé à la disposition qui ouvrait le droit d’interdire, par une simple loi organique, l’accès des emplois publics aux binationaux. « Quand une demi-phrase permet de faire le lit de ceux qui pensent qu’on traitera différemment les gens, il faut la retirer », a justifié le 1er-Mai la fille de Jean-Marie Le Pen, n’y voyant qu’une « ambiguïté ».
Référence au général de Gaulle
Marine Le Pen refuse, en revanche, de céder sur la procédure pour organiser le référendum et répète vouloir le convoquer en même temps que le premier tour de futures législatives, en recourant à l’article 11 de la Constitution, une hérésie pour la très grande majorité des juristes. Si l’article 11 donne le droit au président de la République d’organiser directement une consultation des citoyens, c’est uniquement sur un projet de loi « portant sur l’organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent ». En aucun cas cette disposition ne saurait être employée pour réviser la Constitution.
Seul l’article 89 fixe les conditions d’une révision constitutionnelle. Mais pour qu’un référendum soit convoqué, la révision constitutionnelle doit obtenir un vote préalable de l’Assemblée et du Sénat ; vote que Marine Le Pen craint de ne pouvoir obtenir faute de majorité. En cas de recours à l’article 11, « il s’agirait là d’un double coup d’Etat, sur le fond et sur la forme », considère le conseiller d’Etat Jean-Eric Schoettl, secrétaire général du Conseil constitutionnel de 1997 à 2007, auprès du Monde.
La défense du RN est connue : le général de Gaulle n’a-t-il pas lui-même usé de l’article 11 pour tenir deux référendums, en 1962 (élection du président de la République au suffrage universel direct, approuvé) et 1969 (réforme du Sénat et régionalisation, rejeté) ? « Le contexte n’est pas le même, rappelle Jean-Eric Schoettl. A l’époque, le Conseil constitutionnel, comme le Conseil d’Etat, s’était contenté d’émettre prudemment et discrètement un avis négatif [sur la tenue de ces référendums]. Depuis, il s’est reconnu le droit de contrôler le décret de convocation d’un référendum [en 2000] puis le droit de contrôler la constitutionnalité du texte annexé à ce décret de convocation d’un référendum [en 2005]. » Le Conseil constitutionnel pourrait donc s’opposer à une révision de la Constitution par le biais de l’article 11.
L’ancien président du Conseil constitutionnel Laurent Fabius (2016-2025) avait, en mai 2024, dans un entretien au Monde, rappelé que l’immigration ne comptait pas parmi les champs ouverts par l’article 11, et souligné la nécessité de mobiliser l’article 89 pour réviser la Constitution. Richard Ferrand, son successeur, a confirmé depuis ce dernier principe au Figaro, en octobre 2025. Mais Marine Le Pen a toujours affirmé que rien, en cas d’élection à l’Elysée, ne l’empêcherait d’organiser son référendum. « Richard Ferrand, comme Laurent Fabius, connaîtrait donc mieux la Constitution que le général de Gaulle et n’appliquerait pas la lecture du père de la Ve République ? », brave Philippe Olivier.
« Ve République bis »
Auprès de son entourage, Marine Le Pen a pourtant envisagé deux portes de sortie en cas de décision défavorable du Conseil constitutionnel. La première consisterait à proposer, cette fois avec l’article 89, une réécriture de l’article 11, pour lever l’obstacle à son référendum contre l’immigration. La seconde, plus radicale, reviendrait à soumettre directement au peuple la Constitution d’une « Ve République bis ». Les électeurs, appelés aux urnes en tant que « peuple constituant », auraient alors à se prononcer sur une nouvelle version de la Constitution : celle actuellement en vigueur, mise à jour avec les quatorze articles de la proposition de loi.
La tenue du référendum mettrait au débat un texte menaçant l’Etat de droit. Sous le couvert de la légitime et légale « souveraineté du peuple », Marine Le Pen veut renverser la Constitution de 1958 par l’intégration en son sein des fondamentaux de l’extrême droite. L’adoption de sa proposition par une majorité de Français marquerait du sceau de la constitutionnalité l’abolition du droit du sol, la « priorité nationale » dans l’accès aux logements, aux emplois, aux services publics et aux aides sociales, et la fin – de fait – du droit d’asile.
« C’est un ensemble cohérent qui changerait la Constitution de manière radicale, il s’agirait quasiment d’une nouvelle République, observe Serge Slama, professeur de droit public à l’université Grenoble-Alpes. On conserverait certes le cadre de la Ve, notamment en matière de répartition des compétences. Mais il s’agirait d’une remise en cause non pas formelle, mais substantielle, de la garantie des droits. »
Lire aussi (2024) | Article réservé à nos abonnés Serge Slama, juriste : « Si les politiques et les lois du RN sont contraires au caractère républicain de nos institutions, il pourra être nécessaire de désobéir »
Pour sanctuariser l’application de ses fondamentaux et se prémunir de la moindre contestation, le RN veut par ailleurs inscrire la suprématie absolue de la Constitution (ainsi modifiée) non seulement sur l’ordre juridique interne, déjà acquis, mais à l’égard de toute norme ou engagement international, sans limite ni exception. Leur projet de révision doterait chaque citoyen de nouveaux mécanismes de contestation d’un traité ou d’une règle internationale susceptible de contrevenir à la loi suprême revisitée par les lepénistes. Si critique habituellement à l’égard du Conseil constitutionnel, le RN confierait paradoxalement à ses juges le soin d’appliquer leurs nouvelles procédures et de gérer une judiciarisation considérable du pouvoir et de la souveraineté nationale.
Mise au ban de l’Union européenne
L’inscription puis l’application de manquements aussi brutaux aux droits des réfugiés et des étrangers, et plus globalement au droit de l’Union européenne (UE) et à d’autres engagements internationaux, mettrait la France au ban de l’Europe. « Il n’existe aucun mécanisme d’exclusion de l’UE pour un Etat membre qui violerait ses obligations, confirme Nicolas Hervieu, professeur affilié à l’Ecole de droit de Sciences Po. Mais si la France refuse de respecter le droit de l’UE, même au nom de sa Constitution, des sanctions financières peuvent lui être infligées, notamment par des recours en manquement lancés devant la Cour de justice de l’UE par la Commission européenne ou le gel de subsides européens. Les exemples polonais ou hongrois le démontrent. »
Fondamentalement eurosceptique, le RN tempère la menace en excipant du rôle prééminent de la France dans la construction communautaire. « L’UE sans la France n’existe plus, elle se tirerait une balle dans le pied en cas de sanctions contre notre pays, campe Renaud Labaye, secrétaire général du groupe RN à l’Assemblée nationale. On pense que la Constitution est, au contraire, un bon outil pour changer et réorienter l’Europe, pour peser dans nos futures discussions avec Bruxelles. »
L’adoption de la réforme constitutionnelle du RN ne menacerait pas seulement la place de la France dans le concert des nations. La stabilité même de la Constitution serait remise en cause par l’article 14, le dernier de la proposition de loi du RN : cette disposition entérinerait définitivement la possibilité de réviser la norme suprême par son article 11.
Tout chef de l’Etat se trouverait donc libre d’en solliciter la réécriture, sans garde-fou. Une « révolution » pour le juriste Nicolas Hervieu. « On entrerait dans une logique césariste de la Constitution, à rebours de deux siècles de constitutionnalisme et surtout des leçons tirées de la seconde guerre mondiale, à savoir qu’il faut mettre la Constitution hors de portée d’une simple majorité politique ponctuelle et que l’on ne peut modifier le texte suprême que d’une main tremblante, alerte le spécialiste du contentieux public et européen. On changerait là considérablement la face du pouvoir et l’on basculerait dans quelque chose de vertigineux. »